Terrorisme intérieur: inquiétude en hausse en Atlantique

Les citoyens de l’Atlantique sont parmi ceux aux pays qui craignent le plus le terrorisme intérieur.

Selon un sondage de l’Institut Angus Reid, 58% des résidants des Provinces atlantiques estiment que le terrorisme intérieur est une «menace sérieuse», alors que la moyenne canadienne est de 54%.

La peur du terrorisme intérieur a augmenté de 7 points de pourcentage en Atlantique au cours des 4 dernières années alors qu’elle a diminué de 8 points de pourcentage au Canada en général.

C’est en Alberta (60%) que l’on craint le plus le terrorisme d’origine intérieur et au Québec (50%) qu’on s’en inquiète le moins.

Angus Reid n’a pas publié de données séparées pour chacune des provinces de l’Atlantique.

La marge d’erreur est plus élevée en Atlantique en raison de la petite taille de l’échantillon.

«C’est quand même intéressant de noter qu’alors que le nombre de gens inquiets diminue presque partout au pays, au Canada atlantique, c’est plutôt le contraire», souligne l’adjoint de recherche de l’Institut, Ian Holliday.

Le terrorisme d’origine intérieur (homegrown terrorism) ou le terrorisme domestique est défini comme une menace qui vient des citoyens du pays plutôt que de l’étranger.

Les «attitudes islamistes radicales» sont une «menace sérieuse» pour 47% des citoyens de l’Atlantique alors que seulement 35% des répondants sont prêts à en dire autant des «attitudes suprémacistes blanches».

Selon M. Holliday, le taux relativement plus faible d’immigration en Atlantique pourrait expliquer pourquoi les citoyens ont plus peur des islamistes radicaux que des suprémacistes blancs.

«Vivre dans une communauté avec une population plus diversifiée vous expose à plus de gens et à plus de différentes façons de vivre et vous rend peut-être plus tolérant», explique-t-il.

En moyenne au pays, les femmes de moins de 55 ans s’inquiètent «beaucoup plus» des opinions suprémacistes blanches que les hommes du même âge, note aussi l’Institut.

Malgré leurs craintes au sujet de l’islamisme radical, la majorité (58%) des Canadiens affirment que «la communauté musulmane du pays fait partie de la solution et non du problème», résume Angus Reid.

C’est encore plus vrai au Canada atlantique où 65% des répondants soutiennent que la communauté musulmane fait partie de la solution.

«C’est certainement une bonne nouvelle pour les Canadiens musulmans de savoir que leurs concitoyens les voient comme une partie intégrante de la lutte contre le terrorisme intérieur et la radicalisation», mentionne Ian Holliday.

«Ç’a du sens. Si la possibilité qu’un jeune homme adopte une idéologie violente et passe à l’action vous inquiète, vous voulez que les membres de sa communauté lui viennent en aide et l’éloignent de ce chemin vers la radicalisation.»

La perception du public selon laquelle les risques liés au terrorisme d’origine intérieur sont à la hausse ne signifie pas que le danger est véritablement plus élevé, souligne M. Holliday.

Cette information peut toutefois aider les législateurs à développer de meilleures politiques pour modifier ces perceptions dans la population lorsqu’elles sont fausses, explique-t-il.

Le coup de sonde de l’Institut a été réalisé en ligne du 29 mars au 2 avril auprès d’un échantillon représentatif de 1509 Canadiens d’âge adulte.

La marge d’erreur pour un sondage traditionnel similaire est de ±2,5 points de pourcentage, 19 fois sur 20.