Alcool: le Nouveau-Brunswick pourrait faciliter le commerce interprovincial

Après avoir lutté jusqu’en Cour suprême pour protéger le monopole d’Alcool NB, Brian Gallant pourrait adopter des «mesures importantes» pour faciliter le commerce interprovincial de la bière et du vin.

Le premier ministre souhaite «réduire les barrières et donner un plus grand choix aux consommateurs et un marché plus large aux producteurs».

M. Gallant a fait cette déclaration dans une lettre envoyée aux autres premiers ministres provinciaux et territoriaux, mercredi, dans le cadre de la réunion annuelle du Conseil de la fédération à Saint Andrews.

«Les Canadiens s’attendent à du mouvement sur cette question et je peux vous dire sans équivoque que le Nouveau-Brunswick est prêt à prendre des mesures importantes dans cette direction.»

La lettre de Brian Gallant est une réponse à une missive similaire envoyée récemment par le premier ministre du Manitoba.

Dans sa lettre, Brian Pallister propose à ses homologues d’éliminer toute limite au transport interprovincial des boissons alcoolisées à des fins personnelles.

La position du premier ministre du Nouveau-Brunswick risque d’en surprendre plus d’un.

Récemment, Fredericton a fait appel de l’acquittement d’un de ses citoyens jusqu’en Cour suprême pour protéger son droit de limiter l’entrée sur son territoire d’alcool acheté dans une autre province.

Gérard Comeau, un retraité de Tracadie, avait été trouvé non coupable par la Cour provinciale après avoir reçu une contravention pour avoir ramené du Québec un nombre de bouteilles de bière et de spiritueux au-dessus de la limite permise.

Le juge de la Cour provinciale avait déterminé que cette limite allait à l’encontre de la Charte canadienne des droits et libertés.

La Cour suprême a plutôt donné raison au Nouveau-Brunswick qui défendait son droit de légiférer en la matière.

Gérard Comeau en compagnie de son avocat, Mikael Bernard. – Archives

L’avocat de Gérard Comeau, Me Mikaël Bernard, n’est «pas du tout» étonné par la lettre du premier ministre M. Gallant.

«Ça reflète vraiment le souhait de la population en général (qui) veut un changement, et ce, depuis longtemps.»

«Personnellement, comme Néo-Brunswickois, et comme avocat de M. Comeau, je me réjouis de la position du premier ministre Gallant.»

Durant leurs discussions sur le commerce interprovincial  à Saint Andrews, les premiers ministres doivent aussi parler d’agriculture, d’enregistrement des entreprises, de santé et sécurité au travail et de réglementation des transports.

Le chef de l’opposition officielle, Blaine Higgs, met en garde Brian Gallant contre l’envie de frapper un gros coup juste avant les élections en signant une entente qui pourrait s’avérer injuste pour le Nouveau-Brunswick à long terme.

«J’appuie le libre-échange entre les provinces, mais le libre-échange, ça soit aussi être des échanges équitables», dit-il.

À son avis, il existe de nombreux obstacles pour les entreprises néo-brunswickoises qui souhaitent brasser des affaires ailleurs, particulièrement au Québec, alors que les entreprises de l’extérieur ne sont pas confrontées aux mêmes défis chez nous.

«Ça ne suffit pas de dire “ouvrirons les frontières et nous verrons bien”, parce que ça pourrait faire très mal à certaines entreprises du Nouveau-Brunswick. Il faut s’assurer que le libre-échange sera juste pour tout le monde», mentionne le chef du Parti progressiste-conservateur.