Coup d’éclat de Greenpeace au stade olympique de Montréal

Des militants de Greenpeace Canada ont entrepris peu après l’aube jeudi l’escalade du mât du stade olympique de Montréal afin d’y fixer une banderole devant dénoncer l’implication du gouvernement du Canada dans l’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain, dans l’ouest du Canada.

Au moins trois militants munis de câbles et de harnais ont été vus sur la structure, qui porte le nom de Tour de Montréal. Elle est haute de 165 mètres; avec son angle d’inclinaison de 45 degrés, elle est la plus haute tour inclinée au monde.

À environ 60 mètres du sol, les militants s’apprêtaient peu avant 8h40 à dérouler leur banderole. Selon une militante, il est écrit: «ne salissez pas notre argent, stop pipeline», et la traduction en anglais.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a érigé un périmètre de sécurité autour de la base de la Tour de Montréal. Les employés qui y travaillent de même que les touristes n’y ont pas accès.

L’agente Caroline Chèvrefils, du SPVM, a déclaré que les militants qui ont escaladé la tour seront mis en état d’arrestation pour méfait public dès qu’ils seront de retour au sol.

Le gouvernement du Canada a annoncé il y a quelques semaines qu’il se portait acquéreur de l’entièreté du controversé projet d’oléoduc, pour 4,5 milliards $.

L’accroissement de la capacité de l’oléoduc actuel de Kinder Morgan devrait permettre de tripler l’acheminement quotidien de pétrole lourd de l’Alberta vers le port de Vancouver, pour fins d’exportation vers l’étranger.

La décision fédérale d’acheter le projet a grandement satisfait le gouvernement de l’Alberta. Par contre, le gouvernement de la Colombie-Britannique s’oppose au projet d’élargissement, ce qui a créé d’importantes frictions entre les deux provinces.

Des Autochtones et des environnementalistes ont aussi dénoncé le projet. Une manifestation de Greenpeace Canada a d’ailleurs eu lieu à cet effet le 3 juillet dernier sur un pont de Vancouver. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait dû intervenir pour expulser les manifestants.

Greenpeace affirme que l’implication du gouvernement du Canada dans ce projet va à l’encontre de ses engagements internationaux en matière d’émissions polluantes. L’organisme réclame que les 4,5 milliards $ de fonds publics investis dans Trans Mountain soient plutôt consacrés aux mesures de transition énergétique.

Il y a deux semaines, Trans Mountain a déposé auprès de l’Office national de l’énergie (ONÉ) son échéancier des six prochains mois pour l’expansion de l’oléoduc.