Des travailleurs saisonniers réclament la démission du député Cormier

La manifestation organisée par des travailleurs saisonniers de la Péninsule acadienne se poursuit. Pour une deuxième journée consécutive, quelques centaines de personnes se sont rassemblées devant le Centre culturel de Caraquet, dans lequel se trouvent les bureaux du député fédéral d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier.

Le ton a monté à plusieurs reprises. Plusieurs ont profité de la présence de M. Cormier pour le confronter, avec parfois des propos très tranchants. Certains ont réclamé sa démission.

«Vous ne faites rien. On a besoin d’aide. N’attendez pas que l’on soit dans une situation encore pire. Tu dis que tu nous supportes. On ne veut pas que tu nous supportes, on veut que tu nous aides», a lancé un manifestant.

«Vous travaillez pour votre pension. Vous pensez qu’on est des gens qui ne veulent pas travailler», a ajouté une femme.

Le député a rappelé son implication dans le dossier, avec la mise en œuvre d’un programme d’aide à l’emploi, le dépôt d’une pétition à la Chambre des communes et sa participation dans la création d’une table de concertation.

«Je vous ai écouté, je travaille pour vous. On ne va pas vous laisser tomber. Tous les jours, je dis à mes confrères à Ottawa qu’il y a un problème avec le programme d’assurance-emploi dans la Péninsule acadienne et que nous avons besoin d’aide.»

Les manifestants demandent des changements au programme d’assurance-emploi, surtout depuis la récente mise à jour des données dans la Région économique de l’assurance-emploi de Restigouche-Albert.

Depuis le 8 juillet, une personne doit récolter au moins 525 heures assurables pendant un minimum de 17 semaines de travail pour toucher à un minimum de 21 semaines de prestations régulières. Il y a un an seulement, une personne devait travailler 455 heures pour obtenir un minimum de 24 semaines de prestations.

La diminution s’explique par une baisse généralisée du taux de chômage dans la zone Restigouche-Albert, qui couvre la majorité du Nouveau-Brunswick, y compris les villes de Campbellton, de Bathurst, de Tracadie, de Miramichi et de Shediac.

Plusieurs craignent cependant de ne pas arriver à accumuler un nombre suffisant d’heures assurables avant cet hiver. De nombreuses personnes croient que la meilleure solution demeure le rétablissement des critères d’il y a quelques années, soit 12 semaines et 420 heures de travail pour obtenir 35 semaines de prestations.

Une zone exclusive pour la Péninsule?

Les prestataires demandent aussi la création d’une zone exclusive pour la Péninsule acadienne. Le député Cormier ne croit pas qu’il s’agit de la meilleure solution.

Le taux de chômage actuel de 11% dans la Région économique de l’assurance-emploi de Restigouche-Albert est très semblable au taux actuel dans le nord du Nouveau-Brunswick, dit M. Cormier.

«La situation pour les gens serait à peu près la même», argumente-t-il.

Il entend aborder la question, jeudi, à Bathurst, lors de la prochaine réunion de la Table de concertation sur l’assurance-emploi. C’est lors de cette rencontre que plusieurs groupes différents seront appelés à proposer des solutions, y compris des travailleurs saisonniers, des employeurs, des municipalités, des chambres de commerce ainsi que des représentants des gouvernements provincial et fédéral.

«Il faut trouver des solutions nouvelles et avant-gardistes pour faire en sorte que les gens qui travaillent dans les industries saisonnières puissent se qualifier à l’assurance-emploi d’année en année pour qu’ils ne soient pas obligés de toujours vivre cette incertitude.»

Le Comité d’action de l’assurance-emploi de la Péninsule acadienne réclame également la présence de Jean-Yves Duclos, ministre fédéral responsable du dossier de l’assurance-emploi. Sa présence n’a pas été confirmée, mais des membres de son personnel sont attendus à Bathurst.

«On va parler de beaucoup choses, dont le nombre d’heures assurables, le diviseur, les régions économiques. Tout sera discuté à cette réunion.»