«Trou noir»: les insultes cèdent le pas au dialogue

Plus de cinq heures de discussion! Le fédéral, le provincial et les représentants des travailleurs saisonniers de la Péninsule acadienne se sont longuement entretenus, jeudi, à Bathurst, au sujet du phénomène du «Trou noir». À la sortie, ils se déclaraient tous confiants quant au fait de trouver la solution au problème. Mais aucune annonce concrète n’a été dévoilée.

«Nous avons réussi à nous parler, à nous dire clairement les choses, dans un respect mutuel. C’était très positif et constructif», commentait, à la sortie de la réunion, Gilles LePage.

Le ministre provincial du Travail, de l’Emploi et de la Croissance démographique avait le sourire et le visage détendu. Rien à voir avec son apparence avant que ne commence la séance.

«Je l’avoue, en tant que président de la réunion, j’étais un peu nerveux au début. Mais nous étions tous là pour la même chose: trouver des pistes sur le court, le moyen et le long terme, pour résoudre la situation.»

Tous les protagonistes ont vanté les bienfaits de la rencontre, au point de s’exprimer côte à côte et d’une seule voix.

«Les représentants du comité d’action nous ont expliqué l’urgence dans laquelle les travailleurs saisonniers vivent, combien le diviseur leur fait mal. Je rappelle que nous avons réservé 240 millions$ dans le budget fédéral. Des premières aides ont été versées et ça va continuer. L’argent ira pour les personnes les plus affectées», assure le député de la circonscription Acadie-Bathurst, Serge Cormier.

En complément à ces discours, le porte-parole du comité, Fernand Thibodeau, n’a pas fait dissoner la chanson.

«Mon but, quand je me suis impliqué dans ce mouvement, était d’obtenir cette table de concertation. On a été écouté et respecté. J’ai pu dire tout ce que j’avais à dire au nom des travailleurs saisonniers de la région. Je pense qu’on va répondre à leurs besoins. C’est une réussite totale.»

L’heure est à l’apaisement

Le ton est désormais radicalement différent de celui qu’on a pu entendre ces derniers jours, à Caraquet, où des manifestants particulièrement remontés se sont rassemblés pour campent devant l’entrée du bureau du député Cormier. L’heure est à l’apaisement et au dialogue.

«Ce rendez-vous nous a permis d’élaborer des pistes de réflexion. Au provincial, nos fonctionnaires vont commencer dès maintenant à œuvrer dessus», promet le ministre LePage.

Ces axes de travail, quels sont-ils?

«Il nous faut encore voir certaines choses avant d’annoncer quoi que ce soit. Notamment, que nous respectons la législation! Dès que nous serons prêts, ça va bouger», répond-il.

«De l’aide va venir très rapidement. Nous allons nous revoir et continuer notre collaboration», précise Serge Cormier.

La rencontre de jeudi marque-t-elle un tournant ou ne correspond-elle qu’à un accord de façade avant que le conflit ne reprenne de plus belle?

«On va se donner quelques semaines. L’important est de travailler tous ensemble», conclut Fernand Thibodeau.