Canicule: les pompiers sur un pied d’alerte

Les pompiers ne s’en cachent pas: les récentes précipitations qui sont tombées sur le territoire néo-brunswickois leur ont procuré un certain soulagement. Cependant, c’est loin d’être suffisant pour calmer l’incertitude.

Si le mot d’ordre en ce moment est que tout semble bien aller dans la majorité des régions, les pompiers demeurent tout de même préoccupés.

«Oui, nous sommes un peu en état d’alerte, confie le capitaine Roger Haché du département de Bathurst. Un climat comme celui-ci joue contre nous. Notre temps de réaction est plus réduit.»

«En général, nous sommes chanceux, indique pour sa part le chef de district du service d’incendie de Dieppe, Marc Cormier. Nous n’avons pas eu de feu de broussailles ni de feu de forêt jusqu’ici cette année, mais nous sommes toujours prêts à réagir.»

La situation est un peu plus corsée dans la région de Tracadie qu’ailleurs, souligne le chef pompier Émilio St-Coeur.

«Nous avons répondu à un appel dimanche, mais on ignore si c’est dû à la foudre ou si le feu était d’origine humaine.»

L’un des facteurs qui posent problème en ce moment, c’est le non-respect de l’indice des feux de la part des citoyens.

«Nous avons eu des appels pour des feux de camp, poursuit M. St-Coeur. Il y a des gens qui en faisaient trop près de leur maison ou dans la cour arrière alors que c’était interdit d’en faire.»

Une sensibilisation qui est primordiale du côté de Dieppe.

«Nous n’avons pas eu d’événement majeur, note Marc Cormier. On continue à renforcer quotidiennement l’indice de feu qui est établi par le gouvernement provincial.»

À Bathurst, le capitaine Haché affirme que la situation est sous contrôle.

«Nous avons des lois municipales pour éviter ce genre de chose.»

À Moncton et à Miramichi, les services d’incendies municipaux gardent l’oeil ouvert, mais ne sont pas sur le qui-vive.

«Nous n’étions pas forcément préoccupés par la situation, nous informe Dennis Dollemont, chef de peloton à Moncton. Tout s’est déroulé normalement de notre côté.»

Son de cloche similaire pour le chef pompier Tony Lloyd à Miramichi.

«Nous n’avons pas été plus inquiets qu’à l’habitude (ces dernières semaines). Nous étions concernés, mais pas en état d’alerte.»

Pourtant, sa région est celle où l’indice de sécheresse est au plus élevé dans la province: il s’élève à 371!

«La pluie que nous avons eue a beaucoup aidé», précise M. Lloyd.

Au moment de faire l’entrevue, l’indice des feux affichait une province complètement verte.

Mercredi après-midi, la province était entièrement recouverte de rouge, interdisant tout brûlage sans permis.

Des fausses alarmes récurrentes

S’ils n’ont pas été fort occupés en raison d’incendies, certains pompiers ont dû répondre à des appels pour de fausses alarmes.

Un phénomène jugé «normal» par Roger Haché en «raison des températures actuelles.»

«C’est fréquent d’avoir des appels pour des alarmes qui se déclenchent sans qu’il y ait de feu. Il y en a toujours plus en saison estivale.»

L’humidité et la poussière peuvent expliquer le déclenchement des détecteurs de fumée, indique Marc Cormier.

«Il y a trois ou quatre situations qui étaient dues à de fausses alarmes dans les dernières semaines en raison de l’humidité», mentionne le chef de district de Dieppe.

Aucun cas n’a été signalé par nos intervenants de Moncton, de Tracadie et de Miramichi.

M. Haché avise les propriétaires d’assurer un bon entretien de l’appareil pour éviter que de pareilles circonstances se produisent à répétition.

«Il faut les nettoyer de temps à autre. La majorité des propriétaires négligent bien souvent cet aspect. Ils ne le font qu’une fois que nous sommes intervenues à quelques reprises.»

Un linge humide ou un aspirateur peuvent être utilisés pour nettoyer les détecteurs de fumée.