Tourisme estival: les Acadiens ne sentent pas le besoin de visiter d’autres contrées

La saison touristique bat son plein dans la Péninsule acadienne. Comme tous les ans, de nombreux touristes ont fait le voyage pour découvrir l’Acadie. Mais qu’en est-il des habitudes de voyages des Acadiens?

Force est de constater que les gens d’ici préfèrent rester ici, selon ce que nous disent des agentes de voyages.

Nadie Foulem, agente de voyage et gérante de bureau chez Voyage Maritimes de Caraquet, nous indique qu’elle voit une différence avec l’été dernier.

«La majorité des personnes restent ici. Nous avons jusqu’ici un bel été et il fait beau. L’an dernier, l’hiver a été rude et le printemps pluvieux, les gens partaient beaucoup.»

À Shippagan, Hélène Daigle Robichaud, propriétaire de l’agence Espresso Voyage, note qu’il y a un certain achalandage.

«Il y a beaucoup de gens qui viennent nous voir, mais c’est surtout pour faire des réservations pour partir à l’automne.»

Les voyages dans le sud – le Mexique, la République dominicaine et Cuba – ne sont pas très tendance ces temps-ci.

«Les gens sont plutôt craintifs dans la saison des ouragans, note Mme Daigle Robichaud. Ils préfèrent l’Europe, les États-Unis ou le Canada.»

Elle n’hésite pas d’ailleurs à vanter les mérites de l’unifolié.

«Quand les gens ne sont pas certains et qu’il y a une possibilité qu’ils restent au Canada, j’essaye de faire mon possible pour les garder au pays.»

Nadie Foulem précise aussi qu’il y a peu de vol direct à partir d’ici pour de nombreuses destinations à ce temps-ci de l’année.

«Les gens partent pour Montréal ou Québec faire des escales.»

Mais elle est surtout d’avis que les festivals, le beau temps et les visiteurs font en sorte que les personnes d’ici repoussent leur voyage à la mi-novembre.

«La plupart des gens choisissent de rester et d’accueillir leur famille qui vient d’ailleurs.»

Un détour à la Place Saint-Pierre de Caraquet témoigne de ce fait.

En tentant d’interroger des gens locaux sur leurs habitudes de voyages, l’Acadie Nouvelle a plutôt rencontré des touristes… qui rendent visite à leur famille!

«Ceux qui partent à ce temps-ci – souvent vers l’Europe – ce sont ceux qui ne peuvent pas partir l’hiver, comme les professeurs», ajoute Mme Foulem.

Hélène Daigle Robichaud constate pour sa part un changement dans l’industrie touristique. Les gens délaissent de plus en plus l’avion au profit de leur automobile.

«Lorsqu’ils s’aperçoivent que les billets d’avion sont à ce point dispendieux pour des vols à destination proche, ils préfèrent faire la route.»

«Ça coûte aussi cher prendre l’avion pour une grande ville que pour aller dans le sud maintenant.»

Autre changement, les voyageurs s’éloignent de plus en plus des voyages de groupe organisés.

«Ils préfèrent être libres et faire ce qu’ils veulent.»