La campagne électorale provinciale pourrait miner les efforts des travailleurs saisonniers

Le lancement de la campagne électorale provinciale à la fin du mois aurait-il raison des efforts déployés par les travailleurs saisonniers depuis plusieurs mois? C’est ce que craint Fernand Thibodeau, porte-parole du Comité d’action de l’assurance-emploi.

Il y a quelques semaines, le fédéral, le provincial et les représentants des travailleurs saisonniers de la Péninsule acadienne se sont réunis à Bathurst pendant plusieurs heures afin de trouver une solution au «trou noir».

Bien qu’aucune annonce concrète n’ait été dévoilée, tous les intervenants se sont montrés optimistes d’être en mesure d’élaborer des mesures pour permettre aux bénéficiaires de l’assurance-emploi de maximiser la période de prestations en attendant la reprise de leur emploi saisonnier au printemps.

La meilleure solution demeure la distribution, dans les meilleurs délais, de la part du Nouveau-Brunswick des investissements de 230 millions$ promis par le gouvernement Trudeau dans son plus récent budget fédéral, croit Fernand Thibodeau.

«Je pense sincèrement qu’il est important de commencer nos travaux au plus tôt, avant le début de la campagne électorale afin de battre le fer alors qu’il est chaud», écrit M. Thibodeau dans une lettre envoyée récemment à Gilles LePage, ministre provincial du Travail, de l’Emploi et de la Croissance démographique.

Selon M. Thibodeau, peu de contacts ont eu lieu avec les représentants du gouvernement depuis la rencontre de la fin juillet.

La prochaine campagne électorale provinciale doit officiellement être lancée le 23 août. Les travailleurs saisonniers craignent que leurs préoccupations soient balayées sous le tapis si rien ne bouge prochainement.

«Comme vous le savez, l’inquiétude est grande chez nos gens et tous seraient plus rassurés sachant que le processus de consultations et de travail est enclenché le plus tôt possible. (…) On peut difficilement attendre le mois d’octobre pour commencer les consultations. Les travailleurs qui vont manquer d’heures et de semaines vont avoir besoin de soutien dès l’automne.»

Le groupe propose des solutions. Il croit que des emplois auprès de groupes communautaires pourraient être subventionnés avec les fonds fédéraux.

En date de mardi après-midi, Gilles Lepage n’a pas donné de suite à nos questions, mais au cours des derniers mois, il a souvent rappelé que le dossier de l’assurance-emploi relève du fédéral. Sa capacité d’apporter des changements immédiats est donc limitée.

Le comité d’action de l’assurance-emploi n’accepte plus cette argumentation.

«À ce point du processus, nous pensons que cet argument n’est plus sérieux, la question n’est pas si le Nouveau-Brunswick recevra sa part du 230 millions $, mais quand le chèque sera encaissé. Votre gouvernement peut raisonnablement planifier des dépenses pour les prochains mois, ne pas le faire serait irresponsable vis-à-vis les travailleurs saisonniers.»

Le député fédéral d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier, tient à se faire rassurant. Il prévoit qu’une annonce sera faite au cours des prochaines semaines et non au cours des prochains mois.

«On a révisé tout ce qui a été dit à la rencontre. Je suis convaincu qu’on sera en mesure d’annoncer quelque chose très rapidement avec la province.»

D’ailleurs, le député Cormier dit avoir l’intention de poursuivre les discussions à long terme.

«Même lorsqu’il y aura de l’aide, ce sera seulement la première étape. Il faut trouver une façon pour qu’un jour, le problème soit réglé définitivement.»