10 millions $ pour les quais du Sud-Est

Richibouctou et Beaubassin-Est décrochent le plus gros de l’enveloppe d’Ottawa destinée à l’amélioration des ports pour petits bateaux.

Le ministre fédéral Dominic LeBlanc était en déplacement à Grand-Barachois mardi matin, pour annoncer un investissement de 10 millions$ réparti entre une dizaine de quais du sud-est de la province.

Le gouvernement fédéral financera plusieurs projets de dragage, la réparation d’une partie du quai de Richibouctou ou encore la construction d’une rampe de mise à l’eau au quai de Cap-des-Caissie à Grande-Digue.

Mais c’est surtout le quai Robichaud de Grand-Barachois qui aura droit à une remise à neuf complète. Le quai tombe en ruine depuis la tempête de 2010. Les vents violents et les hautes marées ont arraché le brise-lame et les installations sont restées très endommagées.

Amy Boudreau, porte-parole de l’Autorité du quai de Robichaud, tentait depuis plusieurs années d’obtenir l’aide d’Ottawa. «Le gros des travaux devra se faire sur le côté ouest du quai, il faudra au réhabiliter la rampe d’accès à l’eau», explique-t-elle.

Actuellement le port a la capacité d’accommoder une dizaine de bateaux de plaisance. Une partie du projet consiste à ajouter des quais flottants pour accueillir 20 embarcations de plus.

«On a une longue liste d’attente présentement mais on ne peut pas leur offrir une place, note Amy Boudreau. On voit un gros potentiel pour amener de l’activité à Grand-Barachois. On pense par exemple à vendre du carburant pour attirer les bateaux de plaisance.»

Le coût des réparations et des nouveaux aménagements est estimé à près de 3 millions$. Les travaux devraient commencer dès l’automne. «Ce sont des projets que j’aurais voulu voir se réaliser il y a des années», a déclaré Dominic LeBlanc.

La nouvelle a réchauffé le coeur d’Alain Boudreau qui pêche la pétoncle, le homard et le crabe depuis 30 ans, comme son père avant lui.

Depuis 2010, la structure du quai de Robichaud a continué de se dégrader toujours un peu plus chaque année. «La sécurité n’est pas là, c’est difficile de travailler correctement», souligne Alain Boudreau.

Des dalles de ciment se sont déplacées, d’autres se sont fissurées, empêchant les pêcheurs d’utiliser un chariot élévateur pour transporter les trappes et les boîtes. «Ce n’est plus sécuritaire, les pêcheurs ne peuvent plus se servir que d’une partie du quai présentement», indique Amy Boudreau.

Plusieurs pêcheurs ont changé de port d’attache du fait du piteux état du port. «Quand j’ai commencé on était 28 pécheurs, maintenant on est rendu seulement cinq», se désole Alain Boudreau.

Le gouvernement fédéral a longtemps refusé de financer la réfection des lieux en raison du déclin de la pêche commerciale au quai Robichaud. Il aura fallu plusieurs années de pourparlers pour débloquer les fonds. En vertu de l’entente, un comité de bénévoles deviendra propriétaire du quai et sera responsable de maintenir en état le quai à long terme.