Épandage de glyphosate: les libéraux écopent d’un «F»

À l’aube du déclenchement des élections provinciales, l’organisme Stop Spraying NB vient de publier le «bulletin» des partis élus à la 58e législature en lien avec leurs actions visant à contrer l’épandage d’herbicides sur les terres de la Couronne.

Et ce bulletin des quatre dernières années est plutôt mauvais pour l’ensemble des députés de l’Assemblée législative qui se sont vu décerner une note globale de «F» pour leurs actions.

«Notre objectif est que cesse l’épandage, et rien n’a changé au cours de la dernière année. C’est donc un constat d’échec complet pour tous les politiciens au sein du gouvernement», exprime Caroline Lubbe-D’Arcy de SSNB.

L’organisation, rappelons-le, exige la fin de l’épandage d’herbicides à base de glyphosate sur les terres de la Couronne du Nouveau-Brunswick, mais aussi son utilisation par Énergie NB comme méthode de contrôle de la végétation sous ses lignes électriques, ainsi que par le CN qui fait de même aux abords de ses rails.

L’effort des partis a également été comptabilisé. À ce chapitre, les libéraux – parti au pouvoir – se méritent un constat d’échec.

«On constate malheureusement qu’ils n’ont vraiment pas la volonté d’agir pour mettre fin à cette pratique. Non seulement n’ont-ils fait aucun effort, mais ils ont même nui à ceux qui ont tenté de faire bouger les choses. C’est dommage, car c’est pourtant le désir d’une grande partie de la population», soutient la porte-parole, rappelant que des milliers de Néo-Brunswickois ont apposé leur nom au bas d’une pétition afin que cesse l’utilisation de ces herbicides.

Parti conservateur

Pour ce qui est du Parti conservateur, celui-ci s’est vu attribuer la note de «C» pour avoir déposé une motion visant à mettre sur pieds un groupe de travail chargé de réviser l’arrosage des herbicides, motion qui a été défaite par les libéraux.

«Nous sommes très sceptiques face à la volonté et à la sincérité réelles des conservateurs de changer les choses puisqu’ils ont toujours refusé de le faire lorsqu’ils étaient au pouvoir. Mais, en même temps, ils ont proposé cette solution et on doit leur en donner le crédit», souligne Mme Lubbe-D’Arcy.

Parti vert

En ce qui concerne David Coon, seul représentant d’un tiers parti à l’Assemblée législative – et qui plus est le Parti vert, une formation à connotation environnementale – il a obtenu la note de B-.

M. Coon se serait mérité une meilleure note, mais il aurait tout simplement manqué de tonus selon SSNB.

«Il a été flou lors du débat sur la motion et s’est même absenté lors du vote. La motion n’avait pas de chance d’être adoptée, mais ç’aurait quand même été symbolique d’y prendre part. En ce sens, il ne méritait donc pas une note parfaite même s’il est un allié de la cause», estime la porte-parole.

Outre de démontrer ce qui a (mais surtout ce qui n’a pas) été accompli par le gouvernement dans son ensemble, lors de la dernière année, ce rapport se veut ouvertement un outil destiné à aiguiller les votes des électeurs qui se sentent interpellés par cet enjeu environnemental.

Mme Lubbe-D’Arcy promet d’ailleurs de talonner les candidats de tous les partis politiques sur la question de l’épandage d’herbicides et elle invite la population à faire de même.

«Si les réponses ne sont pas satisfaisantes, pourquoi ne pas voter différemment cette fois?», suggère-t-elle, notant que trois formations – le Parti vert, le NPD et l’Alliance des gens du NB – se sont compromises en faveur de la la fin de l’épandage d’herbicides à base de glyphosate au Nouveau-Brunswick.