Une usine d’acide phosphorique pourrait voir le jour à Belledune

La compagnie Arianne Phosphate effectuera une étude de faisabilité ainsi qu’une mise à l’essai de produits en vue d’implanter une usine d’acide phosphorique à Belledune.

Opportunités NB et la Société de développement régional injecteront toutes les deux une contribution de 100 000$ afin de réaliser cette étude de faisabilité.

Jean-Sébastien David, chef des opérations chez Arianne Phosphate, mentionne que cette étude concerne non seulement Belledune, mais aussi les autochtones et les autres communautés situées tout le long de la baie des Chaleurs.

«L’étude devrait durer de quatre à cinq mois et elle se veut inclusive. On est ouvert à entendre et à répondre aux préoccupations des gens de la région au sujet de ce projet.»

M. David confie que sa compagnie estime que Belledune constituerait un emplacement de choix pour construire l’usine, et ce, en raison de la présence d’un port qui est en mesure de répondre aux besoins de ses activités, ainsi que de l’accès à une main-d’œuvre qualifiée.

«On a étudié différents sites au Québec et aux États-Unis, mais on croit que toutes les conditions sont réunies à Belledune. C’est cependant l’étude qui pourra nous confirmer toutes les données», affirme le chef des opérations.

«Si l’étude est concluante, on ira en étude d’ingénierie pour être en mesure de démarrer le projet. On aimerait aligner la mine et l’usine ensemble c’est pour cela qu’on déclenche cette étude de faisabilité. Le délai de construction et de fonctionnement de l’usine est trois ans», de souligner M. David.

Une usine d’acide phosphorique à Belledune permettrait d’importer environ 1,4 million de tonnes de minerai de phosphate en provenance de Lac à Paul, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, au Québec, et de combiner ce minerai à environ 1,1 million de tonnes d’acide sulfurique pour produire 500 000 tonnes d’acide phosphorique par année. Ces 500 000 tonnes seraient destinées aux marchés de l’Amérique du Nord, du nord de l’Europe, de l’Amérique du Sud et de l’Inde.

«Au cours de l’année dernière, Arianne a envisagé la possibilité d’intégrer verticalement sa propre production de minerai de phosphate dans une installation afin de produire de l’acide phosphorique. Jusqu’à présent, notre travail s’avère positif et, maintenant que l’industrie se remet d’une crise qui a duré cinq ans, l’idée de passer à l’étape suivante, soit l’étude de faisabilité, prend tout son sens», de déclarer Brian Ostroff, le chef de la direction de la compagnie Arianne Phosphate.

Selon les premières estimations, l’usine proposée à Belledune coûterait environ 330 millions $ et pourrait créer 120 nouveaux emplois dans la région.

«On aura besoin des travailleurs dans plusieurs secteurs au niveau de la mine. Principalement au niveau de la création du produit, de la gestion des intrants et des sous-produits. Nous allons fabriquer du gypse, qui est un sous-produit. L’objectif est d’entreposer 2,5 millions de tonnes de gypse par an au port de Belledune pour en vendre», de mentionner M. David.

Le maire de Belledune, Joe Noel, se réjouit de cette annonce et invite ses concitoyens à participer à l’étude de faisabilité.

«On ne peut qu’être heureux, car c’est un important projet économique pour toute la région Chaleur.»

Arianne Phosphate travaille au développement de la mine de phosphate de Lac à Paul dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, au Québec. Si ce projet voit le jour, il deviendrait l’un des plus importants nouveaux projets de phosphate au monde.