EXCLUSIF: Frappé deux fois par la foudre depuis le début de l’été!

Donald Martin, un résident de la Communauté rurale de Saint-André, peut se compter doublement chanceux dans la vie…. ou doublement malchanceux, c’est selon.

L’homme dans la trentaine a été frappé par la foudre à deux reprises en l’espace d’à peine un peu plus d’un mois, déjouant ainsi les calculs de probabilités les plus fous.

Il a de plus déjoué à deux occasions un phénomène naturel de décharge électrique qui tue environ 10 Canadiens chaque année en plus de faire habituellement entre 100 et 150 blessés.

Avec aplomb, Donald Martin a raconté à l’Acadie Nouvelle ses mésaventures qui, à première vue, pourraient en laisser plusieurs sceptiques.

Le premier incident est survenu le 29 juin dernier en fin d’après-midi, sur le territoire de Saint-André, non loin de la Ville de Grand-Sault.

Donald Martin s’affairait avec des collègues de travail près d’une remise à outils, dans une ferme. M. Martin travaille pour un entrepreneur dans le domaine de l’habitation.

«On voyait des éclairs dans le champ. Je me suis alors réfugié en vitesse à l’intérieur et me suis retrouvé accoté sur un chariot élévateur qui a été frappé par un éclair», raconte-t-il.

Le travailleur est tombé sur les genoux, sans toutefois perdre connaissance.

Deux témoins de la scène et d’autres travailleurs qui ont été alertés par ses cris sont rapidement intervenus auprès de lui, afin de lui porter secours et de le transporter à l’Hôpital général de Grand-Sault.

«C’est un peu étrange, mais la décharge est tellement puissante que tu ne ressens pas vraiment grand-chose».

Comme le veut le protocole en pareille circonstance, le travailleur accidenté est demeuré en observation durant une période de 24 heures avant d’obtenir son congé de l’hôpital.

«Après ma sortie, j’ai ressenti des douleurs durant plusieurs jours et j’ai eu de la difficulté à dormir pendant une bonne secousse.»

Malgré le choc encaissé, il sera tout de même de retour au travail dès le lundi suivant, à l’issue d’une simple fin de semaine de repos de deux jours, comme si rien ne s’était passé…

«Le retour au travail a été correct, même si j’étais un peu nerveux à entendre le tonnerre et voir des éclairs ce jour-là».

La malchance et la foudre frappent de nouveau

La probabilité d’être frappé par la foudre est infime, soit moins d’un sur un million.

Ces statistiques nationales n’ont toutefois pas fait en sorte d’épargner Donald Martin, qui a été frappé une seconde fois par la foudre une quarantaine de jours plus tard.

Ce deuxième incident est survenu dans la matinée du 7 août, exactement au même endroit par surcroît.

«Je posais des panneaux de gypse dans la salle de bain de la remise quand un éclair a frappé la bâtisse. Mon bras était collé sur un tuyau de cuivre qui sortait du sol au même moment où j’ai vu une grosse boule jaune en dessous de moi», raconte Donald Martin.

Celui-ci a une fois de plus été transporté à l’Hôpital général de Grand-Sault.

Étrangement, le personnel soignant lui aurait permis de rentrer à la maison après une visite qui aurait duré à peine trois heures.

«Mes signes vitaux étaient normaux, c’est peut-être pour ça qu’on m’a laissé sortir de l’hôpital si rapidement», avance-t-il en guise d’explication.

Divers symptômes, comme des tics nerveux, sont par la suite rapidement apparus, dit-il.

Des difficultés d’élocution sont également au rendez-vous depuis ce deuxième incident. Les médecins traitants auraient attribué ces symptômes à un simple phénomène d’anxiété.

Dans les deux cas, les professionnels de la santé à Grand-Sault n’ont pas cru bon d’ordonner un arrêt de travail en attendant d’en savoir un peu plus sur son état de santé.

Question d’en avoir le cœur net, le résident de Saint-André a décidé de s’adresser mercredi aux médecins de l’hôpital Hôtel-Dieu de Saint-Joseph, dans le village de Perth-Andover.

À cet endroit, le verdict médical fut somme toute passablement différent qu’à Grand-Sault, soutient Donald Martin, qui aurait été informé que ses malaises proviennent bel et bien des décharges électriques, et non pas uniquement de la simple anxiété.

Une imagerie par résonance magnétique qui devrait être bientôt effectuée pourrait lever le voile sur l’état de santé du résident du Madawaska.

Vérification faite par l’Acadie Nouvelle auprès du Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail, il est permis d’apprendre qu’un éclair est un million de fois plus puissant que le courant ordinaire qu’il peut transporter jusqu’à 100 millions de volts d’électricité.

La personne atteinte par la foudre reçoit une décharge électrique qui peut entraîner des brûlures et même un arrêt respiratoire.

«Le premier médecin que j’ai vu à l’hôpital m’a dit que j’étais le patient le plus chanceux qu’elle a rencontré au travail», raconte Donald Martin sur un ton beaucoup plus enjoué.

«Tellement chanceux que j’ai évidemment acheté des billets de Lotto 6/49 à chacune des occasions, mais je n’ai malheureusement pas rien gagné. Il y a quand même un autre tirage de loterie vendredi soir, des fois…».

Dans un registre beaucoup plus sérieux, Donald Martin affirme que sa famille encaisse durement le coup. Ses collègues de travail sont désormais plus prudents et ont tiré des leçons après ces incidents.

«Ma petite fille de 6 ans pleurait dans mes bras, ma copine et mon père prennent tout ça mal aussi. Je n’ai pas de médecin de famille, ça ne facilite pas les choses».

La capitale de la foudre est à Edmundston

Des données recueillies auprès d’Environnement Canada permettent d’établir que c’est à Edmundston où à été répertorié de loin le plus grand nombre d’éclairs entre 1999 et 2013 au Nouveau-Brunswick, soit 23 420.

Il en va de même pour la moyenne annuelle de jours avec de la foudre dans rayon de 25 km, qui s’établit à 18,1.

Ces événements météorologiques surviennent presque exclusivement durant la saison estivale.