Un triste anniversaire pour la région de Campbellton

C’est dans l’intimité – sans grande manifestation publique – qu’a été souligné le triste anniversaire du décès de frères Connor et Noah Barthe de Campbellton.

Le 5 août 2013 était aussi un dimanche. Tôt ce matin-là, les autorités ont été alertées comme quoi deux jeunes garçons auraient été tués par un python de Séba, un reptile d’environ douze pieds reconnu pour son agressivité.

L’animal avait étouffé ses deux jeunes victimes après s’être échappé de son vivarium par l’entremise d’une conduite d’aération. Les deux garçons couchaient alors dans le salon de l’appartement de Jean-Claude Savoie, situé au-dessus de son animalerie de la rue Pleasant à Campbellton. À leur arrivée, les premiers répondants n’ont pu que constater la tragédie.

Plusieurs mois après le drame, l’affaire sera portée devant les tribunaux. Le propriétaire des lieux sera accusé de négligence criminelle ayant causé la mort. On lui reprochera, entre autres, d’avoir été au courant que le serpent avait déjà tenté de s’enfuir par la conduite d’aération et de ne pas avoir pris les précautions nécessaires pour s’assurer que cela ne se reproduise pas en condamnant l’accès problématique.

Au final, le jury penchera pour la thèse du malheureux accident et acquittera l’accusé.

Dimanche, dans un message publié sur les médias sociaux, la mère des deux jeunes disparus a publié un message.

«Cinq ans, c’est loin et pourtant c’est comme si c’était hier où mon pire cauchemar est devenu réalité. Vous perdre aura été la pire épreuve que j’ai eu à endurer. Vous m’avez montré le vrai sens de la vie», peut-on lire.

Si cette tragédie a déchiré le cœur de la communauté, elle aura aussi mené à certains changements au niveau législatif.

Donald Arseneault était député libéral au Restigouche lors des tragiques événements. Il connaissait d’ailleurs très bien les membres de la famille paternelle des jeunes victimes, ayant grandi à quelques pas d’eux à Dalhousie.

«Comme plusieurs personnes du Restigouche et je devrais dire du monde entier, cette histoire m’a complètement bouleversé. Jamais on n’aurait pensé qu’une telle horreur puisse survenir chez nous », commente l’ancien politicien.

Alors dans l’opposition, ce dernier a tenté de mettre de l’avant une motion destinée à modifier la Loi sur les animaux exotiques. Une version modifiée sera ultimement adoptée par l’Assemblée législative.

«Ce qui est arrivé est arrivé, on n’y peut rien. Toutefois, comme législateur, on a le devoir d’agir pour que ce genre de tragédie ne se reproduisent pas. On se doit d’apprendre du pire et de tenter de faire mieux pour l’avenir. Des experts ont ainsi été mandatés de fournir des recommandations pour améliorer la loi», souligne l’ancien ministre.

La nouvelle loi doit notamment réglementer l’importation, la possession, la vente, l’exposition, la vente, l’exportation et la remise en liberté des animaux exotiques.
Contacté afin de savoir où en était rendu le statut et l’application de cette nouvelle loi, personne au ministère de l’Énergie et des Ressources n’a été en mesure de répondre à nos questions et de faire une mise à jour.

À noter toutefois que le python de Séba était déjà une espèce interdite au Nouveau-Brunswick, et ce, depuis 1992.