Interdiction de baignade pour deux plages de la baie des Chaleurs

Il n’y a pas qu’au sud de la province où la qualité de l’eau cause des maux de tête aux amateurs de baignade.

Le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick a émis, lundi en fin de journée, un avis d’interdiction de baignade pour deux plages du Restigouche, celles de Charlo et de Dalhousie. Cet avis fait suite aux résultats d’analyses démontrant des concentrations élevées de bactéries. Pour certains échantillons, ces concentrations auraient été jusqu’à dix fois supérieures à la norme.

L’analyse des concentrations d’entérocoques vise à déceler les taux de contamination fécale dans les eaux récréatives. Cette contamination peut provenir, entre autres, de matières fécales provenant de l’évacuation d’eaux usées, du ruissellement des eaux d’orage provenant des zones agricoles et urbaines, ainsi que de l’excrétion de matières fécales par les animaux sauvages et domestiques.

Cette fermeture est un événement pour le moins rarissime dans cette partie de la baie des Chaleurs.

«De plus loin que je me souvienne, je n’ai jamais vu un tel avertissement pour notre plage ou encore celle de Dalhousie. À ma connaissance c’est une première», exprime le maire de Charlo, Denis McIntyre.

«On ne sait pas en ce moment ce qui s’est passé, d’où viennent ces coliformes. On va poser des questions, c’est certain, car notre plage est un morceau trop important de notre économie touristique. Mais s’il y a eu des rejets d’eaux usées dans la baie, ça ne vient pas de notre municipalité ni de celle de Dalhousie, car nos systèmes de traitement des eaux usées ont été mis à jour récemment et ils fonctionnent très bien», indique le maire.

Celui-ci tend à pencher pour l’explication des fortes pluies des derniers jours et de la chaleur accablante.

«Il a fait chaud, très chaud, jusqu’à présent durant l’été, et ça n’a certainement pas aidé du côté de la prolifération des bactéries. Et puis nous avons eu de fortes pluies récemment. Lorsque ça se produit, la rivière (Restigouche) se gonfle et il est possible qu’elle transporte avec elle des contaminants de toutes sortes», souligne M. McIntyre.

S’il est déçu de voir sa plage fermée à la baignade, ce dernier se console que cette mesure ne soit pas survenue un mois plutôt, en plein cœur de la haute saison touristique.

«En ce moment, la plage est un peu moins fréquentée qu’au mois de juillet, mais il fait encore très beau et très chaud. Disons qu’une telle interdiction ce n’est pas une bonne nouvelle et j’espère que la mesure sera levée rapidement», dit-il.

D’autres échantillons ont été prélevés mardi matin. Les résultats devraient être connus ce jeudi. D’ici là, les avis d’interdiction de baignade demeureront en vigueur.

C’est la seconde fois qu’un avis d’interdiction de baignade est émis pour un plan d’eau au Restigouche depuis le début de l’été. Il y a quelques semaines, une situation similaire s’était produite à la plage de Tide Head bordée par la rivière Restigouche. Là aussi on n’avait jamais vu une telle interdiction.

Danger pour la santé?

Et qu’en est-il pour la consommation des différents mollusques dans le secteur, la pêche aux coques étant une activité particulièrement prisée dans cette portion de la baie?
L’avis émis par le ministère de la Santé n’en interdit pas la consommation. «Cela dit, même si la cueillette des mollusques et la sécurité alimentaire sont des compétences fédérales, le ministère de la Santé préconise de ne pas récolter de mollusques si la baignade n’est pas autorisée», soutient un porte-parole.