Langues officielles: Gallant promet d’assumer ses responsabilités

Le premier ministre Brian Gallant renonce à déléguer ses responsabilités en matière de langues officielles à un autre ministre si son gouvernement est réélu le mois prochain.

Le chef du Parti libéral s’est engagé mercredi à occuper lui même le poste de ministre responsable des langues officielles au sein de son prochain cabinet.

Il a fait cette promesse lors de sa rencontre annuelle de la Fête nationale de l’Acadie avec les représentants de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick à Caraquet.

«Je me suis engagé à être le seul et l’unique ministre responsable des langues officielles si je gagne la confiance des gens du Nouveau-Brunswick pour un deuxième mandat», a-t-il dit à sa sortie de la rencontre.

«Je ferai ce remaniement en raison des préoccupations de la SANB et pour que je puisse assurer moi-même que le gouvernement aborde les préoccupations concernant les besoins d’avoir une meilleure coordination et répartition des tâches à l’intérieur de l’appareil gouvernemental provincial dans les dossiers concernant le respect des obligations sous la Loi sur les langues officielles.»

La Loi indique déjà que «le premier ministre est responsable de (son) application». Brian Gallant avait toutefois décidé après sa victoire en 2014 de déléguer ces responsabilités à Donald Arseneault à titre de ministre responsable des langues officielles.

Lors d’un remaniement ministériel l’an dernier, M. Gallant a transféré ces responsabilités à son ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Brian Kenny.

«Il nous a entendus»

Le président de la SANB, Robert Melanson, s’est dit satisfait par la promesse du premier ministre.

«Il nous a confirmé que dans un deuxième mandat, il prendrait les rênes du dossier des langues officielles. Je pense que là-dessus, il nous a entendus», a-t-il dit.

Brian Gallant s’est également engagé lors de la réunion à «financer» l’enveloppe égalitaire en éducation, sans préciser combien d’argent son parti est prêt à y investir.

L’enveloppe égalitaire sert à aider les écoles francophones à relever les défis de l’éducation en milieu minoritaire. Sous les libéraux, le budget de l’enveloppe est passé de 3 millions $ en 2015 à 10,7 millions $ en 2017.

L’Association des enseignantes et des enseignants francophones avait déposé une poursuite contre le gouvernement en 2016 pour obtenir la totalité de l’enveloppe qu’ils évaluent à 11,5 millions $.

Les enseignants ont retiré leur poursuite à la suite d’une entente avec le gouvernement dont les détails n’ont pas été dévoilés.

M. Gallant a également promis de «poursuivre» la Politique d’aménagement linguistique et culturel pour «promouvoir la construction identitaire auprès des Acadiens et des Acadiennes et des francophones».

Le chef du Parti libéral s’est aussi engagé à prendre «davantage de mesures pour aborder la composition linguistique en immigration», sans donner plus de détails.
Brian Gallant n’est cependant pas allé jusqu’à promettre la dualité en matière d’immigration revendiquée par la SANB.

«Nous lui avons aussi demandé la dualité dans tout ce qui concerne la survivance des Acadiens, entre autres en immigration», a précisé le président Melanson.

«Il faut revoir la privatisation»

La SANB a profité de la rencontre pour rappeler ses inquiétudes au premier ministre concernant la privatisation des services publics dans la foulée de la réforme controversée du Programme extra-mural.

«Nous avons été très clairs que pour nous, la privatisation, c’est comme si le gouvernement contribuait à l’assimilation des Acadiens», a confié le président de l’organisme.

«Il faut revoir la privatisation. S’il y en a dans certains secteurs, il faut que ça soit clair, net et précis, que les gens qui travaillaient en français pourront continuer de travailler en français.

La réunion a été somme toute «très productive», selon M. Melanson.

Le ministre Brian Kenny et le député de Tracadie-Sheila, Serge Rousselle, qui est également coprésident de la campagne électorale du Parti libéral, ont aussi participé à la rencontre.

  • Avec la collaboration du journaliste Vincent Pichard.