Campbellton: la question des frais aux usagers demeure en suspens

À une semaine de l’ultimatum lancé au reste du Restigouche, la Ville de Campbellton ne sait toujours pas quelle sera la formule utilisée pour l’instauration des frais aux usagers du Centre civique.

Le conseil municipal de Campbellton espère visiblement que les communautés voisines acquiescent à sa demande de participer financièrement aux opérations de son infrastructure sportive plutôt que de faire payer les citoyens non-résidents à l’unité.

Lundi dernier lors de la rencontre publique du conseil, la mairesse de l’endroit, Stéphanie Anglehart-Paulin, a avoué ne pas avoir encore établi comment les éventuels frais pourraient être collectés et qui seraient visés advenant un refus de participations de communautés avoisinantes.

Comment ces frais pourraient-ils affecter, par exemple, les jeunes joueurs de l’Association de hockey mineur ou les ligues commerciales et seniors (gentlemen)?

Seront-ils exigés de la part tous les usagers de l’extérieur de Campbellton, peu importe leur lieu de résidence, ou seulement de la part de ceux qui demeurent à dans la région du Restigouche?

«Nous ne sommes pas encore rendus-là», a précisé la mairesse, préférant avoir les réponses de toutes les municipalités contactées avant d’aller plus loin dans l’établissement de règles.

La question se pose toutefois, car déjà  –dans les pages de l’Acadie Nouvelle– les municipalités d’Atholville et de Balmoral avaient laissé planer un tel refus en raison, entre autres, d’un délai trop court de réaction compte tenu de l’importance des enjeux en cause.

Aussi, le Centre civique –fermé pour la période estivale– doit rouvrir ses portes le 1er septembre.

«On est rendu là. On ne peut pas continuer d’augmenter nos taxes foncières pour faire fonctionner le Centre civique au détriment de nos citoyens. Sa situation financière fait en sorte qu’on n’a plus le choix», affirme la mairesse de Campbellton, ajoutant que la situation déficitaire du Centre civique est connue de tous depuis longtemps.

«Je suis tombée sur un mot de l’ancien maire (Bruce MacIntosh) datant de 2008 et qui fait référence aux défis financiers du bâtiment. Ce n’est pas nouveau pour personne. Ce n’est ni une surprise pour nous ni pour les autres communautés», dit-elle

Fait à noter, celle-ci confirme avoir reçu l’appui de l’ensemble de son conseil sur la question, chacun des conseillers ayant adhéré à la envoyée aux municipalités environnantes.

On se souviendra que la semaine dernière, le conseil municipal de Campbellton a demandé à ses confrères de participer au fonctionnement du Centre civique –une infrastructure qualifiée de régionale par la Ville– par le biais de leurs taxes foncières.

À défaut de cette contribution, la facture serait refilée aux usagers non-résidents par l’entremise de frais aux usagers ou encore d’une carte loisir. Ces frais pourraient varier entre 500$ et 1000$ par usagers.

Dalhousie hésite

Avec son Palais des glaces et son Récréaplex –complexe récréatif qui comprend notamment un gymnase et une piscine intérieure–, la Ville de Dalhousie vit sensiblement les mêmes défis que Campbellton.

Comme sa voisine, elle a de la difficulté à rentabiliser ses infrastructures sportives. Et comme sa voisine, elle a tenté, il y a quelques années, de forcer la main aux communautés (du Restigouche-Est seulement cette fois) de payer une partie de la facture, brandissant là aussi la menace de frais aux usagers exorbitants. Le projet avait toutefois avorté.

Le maire de Dalhousie, Normand Pelletier, comprend le problème avec lequel jongle  Campbellton. Lui aussi estime que sa facture est passablement trop salée. S’il avoue aimer l’idée d’un financement régional pour ce type d’infrastructures –puisqu’elles profitent en fait à toutes les communautés–, il hésite toutefois à emprunter la ligne dure comme Campbellton.

«Pour le moment, on veut éviter cette voie. On privilégie le dialogue», souligne M. Pelletier, précisant que son conseil a refusé l’offre de Campbellton de faire front commun dans ce dossier.

«Nous avons actuellement de bonnes discussions avec les élus du Restigouche-Est concernant nos arénas et nos infrastructures. On va explorer cette avenue d’abord et on verra par la suite», exprime-t-il.

Ce dernier avoue par contre d’un même trait que les points soulevés par Campbellton sont légitimes.

«Ce n’est pas facile pour des municipalités comme les nôtres de faire fonctionner des infrastructures comme le Récréaplex ou le Centre civique. Ça vient chercher une grosse partie de notre budget. Et la réalité est que l’argent se fait plus rare qu’auparavant dans la région alors qu’au contraire, les coûts de toutes sortes (rénovations, équipements, électricité, etc.) augmentent. On a aussi moins de jeunes dans les différents programmes. C’est une situation très complexe, surtout lorsque vient le temps de savoir qui paye quoi», avoue le maire.

À noter que puisque Dalhousie possède des infrastructures similaires, elle n’aurait pas à contribuer financièrement au Centre civique de Campbellton et ses citoyens seront exemptés de débourser des frais aux usagers.