Dalhousie menace de facturer Ambulance NB pour l’utilisation de ses pompiers

Dalhousie promet de facturer Ambulance NB la prochaine fois que ses pompiers répondront à un appel d’urgence destiné à pallier l’absence d’ambulanciers sur son territoire.

«Nos pompiers ne sont pas des ambulanciers! Ils peuvent aider, mais ils n’ont pas à faire leur travail.»

Le maire de Dalhousie fulmine. Déjà contrarié du fait que la région du Restigouche – de Saint-Quentin à Belledune – ait été laissée sans ambulance sur son territoire à au moins une occasion cet été, voilà que de nouveaux incidents viennent raviver les tensions.

À deux reprises au courant des dernières semaines, la brigade de pompiers de Dalhousie a dû intervenir afin d’aider des personnes en détresse. Selon ce que rapporte le maire, les appels d’urgence ont été relayés aux pompiers afin qu’ils interviennent en attendant l’arrivée des équipes d’ambulanciers, celles-ci étant trop loin de l’appel.

«C’est arrivé à deux occasions depuis le début du mois. Dans les deux cas, l’ambulance a mis plus d’une heure à se rendre ici. Une fois il s’agissait d’une ambulance de Bathurst, et l’autre de Saint-Quentin. Un tel temps de réponse en plein cœur de notre ville, ce n’est pas normal. Et ce qui est encore plus insultant, c’est que ce n’est pas un incident isolé. Ça semble vouloir se produire de plus en plus régulièrement», affirme le maire qui n’entend pas laisser ainsi cette situation.

Ce problème, il l’attribue en grande partie au système de transferts non urgents entre hôpitaux, système qui selon lui monopolise inutilement des ambulances. Celui-ci précise ne rien avoir à reprocher au travail des ambulanciers.

«Ils font ce qu’ils peuvent, mais il y a définitivement un problème de gestion important au-dessus d’eux», clame le maire.

Selon M. Pelletier, ce n’est pas le rôle des pompiers d’effectuer des interventions des ambulanciers.

«Nos bénévoles ont une formation en secourisme, mais ils n’ont pas toutes les connaissances ni l’équipement des ambulanciers à leur disposition. Chacun son métier. On ne demande pas aux ambulanciers d’aller éteindre des incendies après tout», clame-t-il.

Cette situation est d’autant plus dérangeante selon lui que c’est la Ville, au final, qui se retrouve à payer les sorties de ses pompiers volontaires.

«Quand un pompier effectue une tâche de la sorte, il reçoit une compensation financière de la Ville. Nos contribuables se retrouvent donc à payer comme tous les autres citoyens de la province pour le service d’ambulance, mais de surcroît pour l’intervention des pompiers en raison de l’absence d’ambulance. C’est aberrant», estime M. Pelletier.

Sa solution? Refiler à l’avenir les factures de l’utilisation de ses pompiers à Ambulance NB.

«Je n’ai pas de problème à payer mes pompiers pour qu’ils interviennent dans des situations d’urgence, des accidents de la route, des incendies ou pour soutenir les ambulanciers. Mais si c’est pour faire leur travail, couvrir les absences d’ambulances et les ratés du système de couverture dans la région, là oui, j’ai un gros problème avec ça», dit-il.

Il note que refiler la facture à Ambulance NB ne constitue toutefois pas la situation parfaite.

«C’est seulement un baume sur une plaie. L’idéal serait que la direction d’Ambulance NB règle le problème. Tout le monde y gagnerait.»