Campagne électorale: c’est parti!

Les partis politiques sont prêts, les pancartes électorales sont imprimées et les moteurs des autobus de campagne ronronnent déjà.

La campagne électorale au Nouveau-Brunswick commence officiellement jeudi: la directrice générale des élections, Kim Poffenroth, a signé mercredi les 49 décrets d’élection, datés du 23 août.

«Cela met tout le processus en branle», a-t-elle déclaré en apposant sa signature sur les décrets, en français et en anglais, pour chacune des 49 circonscriptions.

Plusieurs partis avaient déjà affiché des pancartes dans les vitrines de leurs bureaux de campagne, dévoilé des promesses électorales et sorti leur autobus coloré en vue de cette campagne de 32 jours, qui se terminera avec le scrutin du lundi 24 septembre.

Le premier ministre libéral, Brian Gallant, qui a dévoilé son autobus de campagne dimanche, a déclaré mercredi à Saint-Jean que s’il était réélu, son gouvernement continuerait de se concentrer sur la croissance et la consolidation des relations commerciales de la province.

Cela comprend notamment le renforcement des relations commerciales avec les États-Unis tout en défendant l’industrie forestière du Nouveau-Brunswick, à la suite de ce qu’il qualifie de «tarifs injustifiés» imposés par Washington.

«Dans un climat plus protectionniste, nous devons travailler ensemble pour développer des entreprises axées sur l’exportation», a-t-il soutenu.

M. Gallant a déclaré que son gouvernement travaillerait à diversifier les marchés internationaux et à réduire les barrières au commerce interprovincial.

«Nous allons investir pour aider les entreprises du Nouveau-Brunswick à innover afin qu’elles puissent exporter leurs produits et services à travers le monde de manière concurrentielle.»

Progressistes-conservateurs et verts

Les progressistes-conservateurs et les verts ont aussi lancé leur campagne cette semaine, alors que les néo-démocrates prévoient se lancer jeudi midi, devant l’Assemblée législative. Le NPD a choisi jusqu’ici seulement 33 candidats pour les 49 circonscriptions.

De toute façon, les experts ne s’attendent pas à ce que les électeurs accordent une grande attention à cette campagne tant que la longue fin de semaine de la fête du Travail ne sera pas derrière nous. Les partis ont jusqu’au 4 septembre – trois semaines avant le scrutin – pour soumettre leurs candidats à Élections NB, mais Mme Poffenroth a rappelé que les électeurs pourront s’ils le veulent voter dès jeudi, par bulletin spécial.

Des fonctionnaires mécontents

Mais un syndicat mécontent du gouvernement Gallant prévoit de se faire entendre pendant cette campagne électorale. Une cinquantaine de membres d’une section locale du Syndicat canadien de la fonction publique avait d’ailleurs organisé mercredi une bruyante manifestation devant le principal édifice du gouvernement à Fredericton.

Joey Kelly, secrétaire-trésorier du SCFP au Nouveau-Brunswick, a déclaré que le syndicat souhaitait une reprise des négociations avec le gouvernement après la rupture des pourparlers, la semaine dernière.

«Nous voulons que l’employeur revienne à la table; nous leur demandons simplement de négocier les clauses financières et d’offrir un salaire équitable», a-t-il déclaré.

M. Kelly a précisé que le syndicat souhaitait que le salaire des employés occasionnels soit porté à 100% du salaire des permanents, alors qu’il est de 80% actuellement.

«Essentiellement (les occasionnels) travaillent cinq jours par semaine et sont payés pour quatre. Nous avons tenté de porter leur salaire à 100% au cours de trois négociations de conventions collectives.»

M. Kelly croit que les négociations pourraient être suspendues pendant la campagne électorale, car les négociateurs à la table ont déclaré qu’ils n’avaient aucun mandat financier du gouvernement. Ce qui n’empêchera pas le syndicat d’exercer des pressions sur tous les partis lors de cette campagne.

Le retour du vote électronique

Élections NB a mis sur pied 50 bureaux de scrutin – un dans chacune des 49 circonscriptions, plus un bureau satellite sur l’île Grand Manan.

La directrice générale des élections a par ailleurs indiqué que les machines de tabulation électronique seront à nouveau utilisées lors de ce scrutin, malgré un pépin technique majeur survenu lors de la soirée électorale en 2014, qui avait retardé de plusieurs heures l’annonce des résultats. Elle explique que le problème n’était pas lié aux machines en soi, mais plutôt à un logiciel qui devait colliger tous les résultats.

La directrice soutient aujourd’hui que ce logiciel a été remplacé depuis 2014, et que le système a parfaitement fonctionné lors des élections municipales ainsi que lors de deux élections complémentaires.

Mme Poffenroth rappelle par ailleurs qu’il est difficile d’estimer à quel moment tous les résultats seront connus au soir du 24 septembre, car quiconque est présent dans un bureau de scrutin à 20h pourra exercer son droit de vote.

À la dissolution des travaux à l’Assemblée législative, les libéraux détenaient 24 sièges et les progressistes-conservateurs 21; on comptait aussi un député du Parti vert ainsi qu’un indépendant, et deux sièges étaient vacants.