Centre civique: Tide Head veut connaître tous les détails avant de se prononcer

Le seul partenaire financier extérieur restant au Centre civique de Campbellton, la municipalité de Tide Head, n’apprécie guère l’ultimatum lancé par sa voisine. Elle prévoit d’ailleurs attendre de rencontrer celle-ci avant de se prononcer sur cette épineuse question.

À l’aube de la date limite imposée par Campbellton aux communautés du Restigouche pour une participation financière envers le fonctionnement du Centre civique, aucune réponse favorable n’a encore été reçue.

On se souviendra en effet que la Ville a donné aux différentes communautés du Restigouche jusqu’au vendredi 24 août pour indiquer si elles étaient prêtes à adhérer à un système de financement pour aider aux opérations de son infrastructure sportive.

Dans le cas contraire, des frais aux usagers seront mis en place pour les non-résidents des communautés non participantes.

Ces frais pourraient aller de 500$ à 1000$.

Jusqu’à présent, les communautés d’Atholville, de Balmoral et d’Eel River Dundee ont déclaré aux médias qu’elles ne répondraient pas positivement à la demande de Campbellton.

Au dire de la mairesse, Stéphanie Anglehart-Paulin, seule la municipalité de Tide Head a démontré un intérêt jusqu’à présent à rencontrer la Ville pour discuter de l’enjeu.

Vérification faite, c’est bien le cas. Cela dit, cette rencontre avec le conseil de Campbellton, le maire Randy Hunter l’exige pourtant depuis plusieurs mois.

Tide Head est en effet un cas particulier puisqu’elle contribue déjà, depuis des années, au fonctionnement du Centre civique. Contrairement aux autres municipalités pourtant, elle avait jusqu’au 17 août – donc une semaine plus tôt – pour faire connaître sa décision.

«Un drôle de privilège alors que l’on donne pourtant 37 000$ pour le Centre civique», s’exprime le maire Hunter, visiblement mécontent de l’attitude cavalière de sa voisine.

Ce dernier ne le cache pas, il n’est pas en accord avec l’une ou l’autre des options proposées par Campbellton.

Il faut dire que cette année, la municipalité a retenu momentanément une partie de sa contribution annuelle envers le Centre civique. D’abord parce qu’elle voulait discuter avec le conseil de Campbellton des avantages de sa participation économique. Tide Head étant la seule municipalité (hormis Campbellton) à débourser pour l’infrastructure.

«Malgré nos demandes, cette rencontre n’a jamais eu lieu. Au lieu de cela, ce sont eux qui nous convoquent aujourd’hui en brandissant une menace d’imposer des frais si on ne participe pas à leur plan alors que ça fait plus de 20 ans qu’on le fait», grince M. Hunter.

Tide Head a de nouveau retenu une autre partie de son financement annuel, cette fois cet été, en raison de la fermeture inattendue du Centre civique pour la période estivale. Une autre décision qui n’a pas plu à M. Hunter.

«Campbellton nous appelle un partenaire du Centre civique parce que nous payons. Toutefois, nous n’avons même pas été consultés ni avisés de leurs intentions de fermer ses portes pour les mois de juillet et août. Et là on arrive avec ce dossier qui sort de nulle part, sans avertissement, sans consultation. Ce n’est pas la façon dont je m’attends à être traité en tant que partenaire financier. Actuellement, c’est un désastre. Ça divise les élus et les citoyens de tout le Restigouche», soulignant qu’il s’agit du sujet de querelles par excellence depuis deux semaines.

Ce dernier avoue par ailleurs comprendre les motivations de Campbellton. «On croit que le Centre civique est important pour la région. Mais il aurait fallu inviter tout le monde autour d’une même table et non pas sortir l’artillerie lourde comme ça. L’aéroport de Charlo, par exemple, avait besoin d’aide, alors toute la région s’est mise derrière elle. La différence ici, c’est qu’on tente de nous faire avaler une décision de force et ça ne passe pas», dit-il.

Avant de dire oui à quelque proposition que ce soit, M. Hunter veut que Campbellton dépose toutes les cartes sur la table: ce qu’elle espère comme contribution, quels seraient les frais aux usagers advenant une réponse néga- tive et ce qu’auraient à dire les communautés participantes dans la gestion.

D’ici à ce que ces questions aient trouvé réponses et qu’une entente convenable survienne entre les parties, Tide Head a décidé de geler la totalité du reste de ses paiements au Centre civique Memorial.

Pas d’échéance

La demande du conseil municipal de Campbellton s’est également étirée jusqu’à la communauté gaspésienne de Pointe-à-la-Croix ainsi que la Première nation autochtone de Listuguj, dont les citoyens utilisent également le Centre civique.

À la différence des communautés restigouchoises, celles-ci n’ont toutefois pas à répondre à l’ultimatum lancé par la Ville. Elles ont plutôt reçu une demande pour la tenue d’une rencontre afin de discuter de ce dossier. Le maire de Pointe-à-la-Croix a confirmé au journal que les trois joueurs ont convenu de se rencontrer le 9 septembre prochain.

Pour ce qui est de Dalhousie, une entente de réciprocité devrait être adoptée puisque la ville du Restigouche-Est possède également des infrastructures sportives du même genre (piscine et aréna).