Année difficile pour certains petits musées

Le Village historique acadien de Bertrand n’est pas le seul site touristique de la Péninsule à promouvoir la culture de la région. D’autres établissements, plus petits et moins mis en avant, s’y efforcent avec succès, mais non sans mal. Tour d’horizon des musées de Grande-Anse, de Caraquet et de Saint-Simon.

Cet été encore, le Musée acadien de Caraquet fait recette. Jeudi après-midi, Cécile et Lise Bergeron s’y sont rendues. Les deux sœurs de Drummondville (au Québec) voulaient en savoir plus sur l’histoire acadienne.

«C’est un peuple tellement chaleureux, accueillant et fier. Et puisqu’on était dans le coin, c’était l’occasion», déclare Lise.

Les vacancières n’ont pas été déçues.

«Je trouve ça vraiment instructif et intéressant», confie Cécile.

En plus des objets vedettes de l’établissement (une corne à poudre du 17e siècle, la maquette du collège Sacré-Cœur et une pièce de monnaie française datant du 14e siècle), elles se sont émerveillées devant la nouveauté de cette saison: une exposition sur le portrait.

«Au siècle dernier, se faire photographier était important. On s’habillait correctement et on s’apprêtait pour la circonstance. Un portrait représentait le meilleur de soi-même. C’était une façon de laisser une trace de soi après sa mort», explique Alexandre, le guide.

Un passage au Musée acadien de Caraquet est la garantie d’en ressortir plus cultivé qu’on y est entré. Même chose en franchissant les portes de celui de Grande-Anse.

Depuis l’année dernière, le site a changé de vocation. Le Musée des papes est devenu le lieu touristique qui honore les cultures fondatrices de la Péninsule. Le virage plaît.

«La réponse est bonne. On est plus achalandé que l’an passé. Et ça a commencé plus tôt cette saison. Bien sûr, depuis le 15 août, on accuse une baisse de la fréquentation. Mais jusqu’à notre fermeture le 29 août, on s’attend à connaître encore de belles journées. On en a eu quelques-unes en début de semaine», renseigne Samuel Haché.

Satisfaction pour le directeur général, des résidents du village et de ses alentours se déplacent.

«On reçoit majoritairement des touristes, mais on a aussi quelques locaux. Des gens qui étaient venus du temps où c’était le Musée des papes et qui sont curieux de découvrir ce qu’on fait aujourd’hui.»

Le responsable confirme que de toutes les cultures fondatrices présentées, la culture acadienne est celle qui suscite le plus d’intérêts.

«Nos visiteurs posent beaucoup de questions sur la Déportation et les objets d’antan qu’on expose.»

À Saint-Simon aussi, Pierrette et Victor Duguay s’emploient à transmettre l’héritage du passé. En 2012, ils ont fondé Les Épaves de la baie de Saint-Simon. Leur musée a pris place dans les bureaux de l’ancienne Caisse populaire.

La vie du capitaine Antoine Charles Denys de Saint-Simon y est contée.

À l’intérieur de ce site touristique, des fossiles de 300 millions d’années, une impressionnante collection de vaisselle de Limoges et des peintures d’artistes locaux complètent le tout. Depuis trois ans, les fondateurs proposent des locations de kayaks et des excursions pour pêcher les coques.

«Pour s’en sortir, on est obligé de se diversifier», avoue-t-elle.

Malgré leur dévotion, les lendemains du musée ne sont pas assurés.

«C’est difficile cette année. En 2017, on a enregistré 400 entrées pendant l’été. Ce qui était bien. On n’arrivera pas à ce chiffre à la mi-septembre», prédit Victor.

Les Duguay restent motivés et planifient déjà de nouveaux projets de développement.

«L’année prochaine, on aimerait aménager une aire de repos pour les cyclistes, juste à côté du musée», révèle Pierrette.

L’initiative vise à accroître la visibilité de leur établissement et à attirer toujours plus de monde. Non sans raison! À quoi sert un musée s’il n’est pas visité?

À la recherche de L’Acadien

L’épave de L’Acadien, ce bateau coulé en 1760 dans la baie de Saint-Simon, fascine toujours autant. Pierrette Duguay, fondatrice du musée du village qui lui rend hommage, le constate.

«Quand je leur raconte l’histoire, petits et grands sont captivés. Il faut dire que c’est un feuilleton entouré de légendes. Celle du trésor caché ne laisse personne indifférent.»

Le sujet intéresse également les scientifiques. Dans le cadre d’un travail de recherche, l’anthropologue Brad Lowen, de l’Université de Montréal, a entrepris de le localiser.

Le mois dernier, il est venu sur place, accompagné de trois étudiants en archéologie subaquatique. Le groupe a procédé à trois plongées.

Le fruit de leurs explorations fera l’objet d’un rapport à paraître prochainement.