Cinq candidats indépendants tentent de se tailler une place durant les élections au Nouveau-Brunswick

Depuis des lustres, ils font partie du paysage politique au même titre que les traditionnelles poignées de main, affiches électorales, dépliants ou boîtes de scrutin.

Un bref survol de l’histoire politique de la province permet de constater que ces courageux candidats qui n’ont jamais eu peur de se frotter aux imposantes machines électorales des principaux partis n’ont jamais eu la vie facile.

Un seul candidat indépendant a réussi le tour de force d’être élu sans l’aide et la bannière d’un parti politique.

L’exploit appartient à Frederick Archibald Fowlie, qui a été élu candidat indépendant en octobre 1920 dans la circonscription électorale de Northumberland.

L’expérience politique n’est effectivement pas de tout repos pour ces derniers qui doivent affronter les principales formations politiques qui disposent de somme d’argent, d’armées de bénévoles et de moyens logistiques considérables pour bien mener à terme une campagne d’une trentaine de jours.

«Je le fais avec entrain et courage. Ma force comme candidat sera d’être constamment sur le terrain et de faire beaucoup de porte-à-porte», explique Chris Collins, qui tente de se faire élire dans la circonscription de Moncton-Centre en tant qu’indépendant.

M. Collins n’est toutefois pas un candidat indépendant traditionnel. Député libéral pendant 11 ans, il a claqué la porte du parti cette année après avoir été suspendu par le chef, Brian Gallant, pour une affaire de harcèlement qui s’est avérée fondée en partie.

Certains diront à son sujet qu’il pourrait bien répéter l’exploit et devenir un siècle plus tard le second élu indépendant de l’histoire siégeant à l’Assemblée législative.

Guilmon Hébert (Caraquet), James Wilson (Albert), Artie Watson (Portland-Simonds) et Adam J.C. Salesse (Saint-Jean-Havre) se présentent également à titre de candidats indépendants dans leur région.

À l’instar des autres candidats qui ont décidé de jouer la carte de l’indépendance, Chris Collins exhorte les Néo-Brunswickois à suivre ses traces.

«Le Nouveau-Brunswick a besoin de candidats et de nouvelles idées pour faire face à ses défis et nous croyons que des députés plus indépendants sont essentiels afin d’y parvenir. Les députés doivent avant tout servir les intérêts de leurs citoyens et de la province avant ceux de leur propre parti», a ajouté le vétéran de la scène politique.

Chris Collins pourrait jouer les troubles-fêtes selon le politologue Mario Levesque de l’Université Mount Allison.

«Les chances de M. Collins de remporter l’élection sont bonnes, elles sont de 50-50 je dirais. Il est une figure bien connue de la politique et dans sa circonscription», affirme-t-il.

«S’il ne gagne pas, il pourrait diviser le vote avec le candidat libéral et favoriser l’élection de la candidate conservatrice», ajoute M. Levesque.
Selon lui, de tous les candidats indépendants qui sauteront dans l’arène électorale, il est certainement celui ayant le plus de chance d’être élu le 24 septembre prochain.

Si certains candidats indépendants comme Chris Collins sont avantageusement connus, d’autres le sont passablement moins.

«Il y a toutes sortes de raisons de se porter candidat indépendant, mais c’est certain qu’ils ne sont pas  tous là pour gagner», explique le politologue Gabriel Arsenault de l’Université de Moncton.

Selon lui, certains candidats profitent d’une élection pour simplement s’offrir un peu de divertissement, d’autres, plus sérieux, sont de la partie pour faire réfléchir les électeurs.

«D’autres sont là pour protester ou encore se moquer de certains candidats. Je me souviens d’une candidate et d’un parti politique qui avaient promis de ne jamais se présenter à l’Assemblée législative et de ne faire absolument rien s’ils étaient élus!»

Lors des dernières élections provinciales, 9 candidats indépendants ont récolté un total de 0,9% de voix exprimées.