Moncton: les cyclistes ont gain de cause…pour le moment.

Les cyclistes de Moncton remportent une première bataille.

Le conseil municipal de Moncton a décidé de faire volte-face, mardi, à propos du retrait des voies cyclables sur une longueur de 6km sur le chemin Mountain, près du casino.

Des citoyens qui désiraient profiter de cette artère majeure pour se rendre plus près du centre-ville à vélo se sont rapidement opposés à cette motion adoptée il y a une semaine, une motion qui prévoyait le retour à la configuration initiale de quatre voies pour des raisons de sécurité.

Les opposants avaient même érigé un monument commémoratif pour la voie cyclable, se disant «en deuil».

Sauf que mardi, coup de théâtre à l’hôtel de ville, alors que les élus ont décidé de renverser leur décision, afin de se donner le temps d’étudier la question à fond.

Même si rien n’est encore joué, le cycliste Mark LeBlanc considère la décision comme une grande victoire.

«Le fait que les voies cyclables vont rester le temps qu’ils étudient le dossier pendant un an (jusqu’en septembre 2019) représente un beau pas dans la bonne direction pour nous. C’est une belle journée pour le cyclisme à Moncton», affirme le retraité.

«Cela dit, j’ai entendu plusieurs bonnes idées de la part des autres conseillers et j’espère qu’ils vont aussi les étudier, comme déplacer les voies plus près du trottoir ou garder une voie pour les piétons d’un côté et une pour les cyclistes de l’autre», ajoute le résident de Moncton.

Le rêve de Mark LeBlanc, comme de nombreux autres cyclistes, est de voir les voies cyclables connecter les grands points névralgiques de la municipalité, que ce soit le Centre d’événements de la rue Main ou les pistes cyclables qui existent déjà.

«En y allant par étape, ils peuvent amener les voies cyclables directement au centre-ville dans le futur. Je ne pense pas que le comité va conclure que c’est trop dangereux pour les cyclistes. Je suis sûr que le conseil va trouver une solution acceptable pour tous dans ce secteur nord du chemin Mountain.»

Ce dernier souhaite que les autorités municipales s’inspirent de leurs voisins de Dieppe, qui ont adopté des voies cyclables plus larges sur plusieurs artères, dont la rue Amirault.

«Je prends mon vélo le plus souvent possible, mais je reconnais que c’est loin d’être sécuritaire à travers la ville de Moncton. On a déjà prouvé sur le chemin Shediac et le chemin Salisbury que si on réduit le nombre de voies, ça réduit la vitesse des automobilistes. Ça devient plus sécuritaire pour les cyclistes, mais aussi les piétons.»

Brian Branch est du même avis.

«Ce fut un processus étrange. Les voies cyclables ont été peintes il y a cinq ou six semaines, et soudainement, à cause de ce qui me semble quelques événements anecdotiques, le conseil décide de les retirer. Un projet pilote comme ça devrait être étudié sur au moins un an pour accumuler des données suffisantes avant de prendre une décision finale», affirme-t-il.

Le cycliste a décidé d’agir et d’organiser un mouvement de résistance à travers les médias sociaux.

«Conduire sur le chemin Mountain est dangereux, autant pour les cyclistes que pour les conducteurs. La meilleure solution est de ralentir le trafic et la voie cyclable fait exactement ça», avance-t-il.

«J’ai utilisé cette voie et il s’agit d’une grosse amélioration par rapport à ce que c’était avant. On n’a plus à être nerveux et toujours regarder par-dessus notre épaule chaque fois qu’une voiture approche. De plus, c’est un concept qui fonctionne bien dans plusieurs grandes villes du monde.»
Il reconnaît que l’aménagement actuel des voies cyclables n’est pas la solution idéale, mais qu’il s’agit d’un progrès.

«La situation s’améliore lentement, mais Moncton est encore loin d’être une des meilleures villes au Canada pour faire du vélo.»

La mairesse de Moncton Dawn Arnold et Mark LeBlanc. 27 août 2018. – Acadie Nouvelle: Stéphane Paquette

La mairesse ravie

La mairesse de Moncton est la première à l’avouer: le conseil a agi beaucoup trop rapidement dans le dossier des voies cyclables sur le chemin Mountain.

Dawn Arnold se disait donc ravie de voir son administration corriger le tir mardi, en se ralliant derrière une période d’essai et d’étude d’un an.
Elle-même une avide cycliste, la première magistrate de Moncton pilote un dossier qui la touche personnellement.

«C’est quelque chose de très important pour moi. J’ai maintenant le sentiment qu’on fait nos devoirs. On va enfin pouvoir avoir plus d’information et de données qu’on pourra analyser», explique-t-elle.

«Nous représentons les citoyens. Plusieurs nous ont fait clairement savoir qu’ils étaient vraiment inquiets pour la sécurité dans cette portion du chemin Mountain. Il faut absolument ralentir la circulation, mais nous avons besoin de temps pour apporter les modifications nécessaires pour aller de l’avant avec le projet. Cinq semaines, ce n’était certainement pas suffisant pour s’assurer qu’on fait la bonne chose.»

Selon elle, les exemples de réussites existent partout dans le Grand Moncton.

Il suffit de trouver une solution viable pour toutes les parties.

«Ce genre de projet prend du temps. Si on prend l’exemple du chemin Shediac ou du chemin Salisbury, les gens ont mis une certaine période à s’habituer aux changements. Mais on voit que ça fonctionne», avance Dawn Arnold.

La mairesse ne croit pas que ce secteur soit nécessairement dangereux pour les cyclistes, mais elle dit comprend les réticences de certains conseillers et de nombreux citoyens.

«J’emprunte cette voie cyclable et je ne la trouve pas dangereuse. Les inquiétudes des conseillers qui se sont opposés à la motion sont légitimes. Mais je suis convaincu qu’on peut s’organiser pour offrir une belle voie aux cyclistes», ajoute-t-elle.

«Tous les gens à qui je parle me disent qu’ils sont très heureux avec cet aménagement et que ça ralentit réellement la circulation dans ce secteur. C’était justement le but ultime.»

La mairesse mentionne également que ces voies cyclables comblent un besoin réel pour beaucoup de gens.

«On veut que les gens puissent se rendre jusqu’à la Côte magnétique, au zoo ou à Magic Mountain. Et pour les cyclistes sérieux, c’est leur façon de sortir de la ville pour se rendre jusqu’aux routes de campagne.» –