Élections 2018: Une lutte acharnée dans l’ancien fief de Mado Dubé

NDLR: L’Acadie Nouvelle lance aujourd’hui sa série de portraits de circonscriptions en vue des élections du 24 septembre. Au cours des prochaines semaines, le journaliste et chroniqueur Pascal Raiche-Nogue vous emmènera sur le terrain afin de vous faire découvrir quelques courses à surveiller.

Pour la première fois en deux décennies, les progressistes-conservateurs devront se débrouiller sans leur candidate vedette, Madeleine «Mado» Dubé, dans la circonscription d’Edmundston-Madawaska-Centre. La lutte s’annonce chaude.

Un chapitre de l’histoire politique du Madawaska s’est clos plus tôt cette année lorsque Mado Dubé a annoncé son retrait de la vie politique active après 19 ans à l’Assemblée législative.

Pendant près de vingt ans, cette Brayonne s’est imposée comme l’une des élues les plus durables de l’histoire récente, réussissant à s’accrocher même lorsque son parti était renvoyé dans l’opposition officielle.

Aujourd’hui, les deux principales formations espèrent mettre la main sur son ancien siège en misant sur de vieux routiers de la politique qui se passent de présentation dans Edmundston-Madawaska-Centre.

Après Ottawa, JC D’Amours veut siéger à Fredericton

L’ancien député fédéral de Madawaska-Restigouche, Jean-Claude «JC» D’Amours porte les couleurs du Parti libéral. Après avoir siégé à Ottawa de 2004 à 2011, ce libéral de longue date tente sa chance sur la scène provinciale.

«Je vais dire comme ma femme a toujours dit: tu peux sortir le gars de la politique, mais tu ne peux pas sortir la politique du gars», lance-t-il à la blague en entrevue.

Investi comme candidat par les militants libéraux à la fin juin, il a commencé à faire campagne à temps plein dès le début juillet afin de mettre toutes les chances de son côté.

«Il y a 6000 résidences à faire dans la circonscription. Et je me suis donné le mandat d’être le plus proche possible de ça», confie-t-il.

Il s’agit d’une commande de taille, même pour un candidat à temps plein.

«C’est certain quand t’es à Edmundston, les résidences sont plus proches l’une de l’autre. Et dans d’autres régions, c’est plus de marche ou alors je me déplace à véhicule.»

Il dit cependant qu’il tient absolument à aller à la rencontre des gens et de se déplacer pour jaser avec eux.

Cette présence sur le terrain a été l’une des clés de son succès sur la scène fédérale il y a quelques années, selon lui. Il n’a donc pas l’intention de changer de recette alors qu’il tente d’être envoyé à Fredericton par les électeurs.

Gérald Lévesque veut marcher dans les traces de Mado

Les progressistes-conservateurs font confiance à Gérald Lévesque. Cet avocat gravite dans leur univers depuis de nombreuses années et est un habitué des coulisses du parti.

Il n’a été investi officiellement comme candidat qu’à la mi-août.

Cette entrée en scène officielle plutôt tardive ne l’inquiète pas le moindrement du monde, même s’il sait bien que son principal rival a commencé à faire son porte-à-porte quelques semaines avant lui.

«Les gens n’aiment pas le chef libéral. C’est ça qu’on entend. On entend partout “enlevez Gallant de là, enlevez Gallant de là.”», dit-il.

De plus, il rappelle que les conservateurs ont récemment pris le pouvoir en Ontario, que les libéraux sont en difficulté au Québec et que les conservateurs fédéraux se débrouillent très bien dans les sondages.

«Moi, je trouve qu’on a le vent dans les voiles présentement.»

Gérald Lévesque ne cache pas qu’il aurait bien apprécié que Mado Dubé lui prête main-forte au cours de la campagne.

Mais comme elle a récemment été nommée vice-rectrice du campus d’Edmundston de l’Université de Moncton, il comprend qu’elle doit rester sur les lignes de côté cette fois-ci.

«On aurait pu faire mieux aussi si on avait l’appui de Mado, mais c’est ça», dit-il en riant, résigné à devoir faire sans cette grosse pointure progressiste-conservatrice à ses côtés.

Il a bien l’intention de trimer dur pour que cette circonscription demeure bleue après le 24 septembre.

«Il y a beaucoup de travail à faire, quand même, pour rencontrer les gens et saisir exactement quels sont les enjeux», reconnaît-il.

Accès à la main-d’oeuvre, retour des jeunes et économie

Gérald Lévesque et Jean-Claude D’Amours ne sont pas du tout la même famille politique. L’un défend le gouvernement Gallant, tandis que l’autre l’accuse d’avoir été trop dépensier et d’avoir promis des choses qu’il ne peut se payer.

Mais leurs propos se rejoignent tout de même –dans une certaine mesure– lorsqu’on leur demande quels sont les enjeux les plus importants dans leur circonscription.

Ils parlent entre autres l’amélioration de l’accès à une main-d’oeuvre qualifiée et le développement de l’économie locale. Le retour au bercail des jeunes ayant quitté le Madawaska est aussi sur leur radar.

«Je pense que des opportunités doivent être développées dans notre région pour que nos jeunes qui vont étudier à l’extérieur reviennent», affirme Jean-Claude D’Amours.

Gérald Lévesque a lui aussi ce sujet à coeur. «Moi, c’est l’assainissement des finances qui me préoccupe présentement. C’est l’exode de nos jeunes qui s’en vont à l’extérieur. Moi, mon fils est à Toronto. J’aimerais…de ce côté-là, je pense qu’on a tout à gagner à essayer d’améliorer la situation économique dans la région.»

La candidate du Parti vert dans Edmundston-Madawaska-Centre est Sophie Vaillancourt, conseillère municipale et mairesse suppléante de Lac Baker. Le Nouveau Parti démocratique n’a pas encore choisi qui portera ses couleurs dans cette circonscription le 24 septembre.