La carte loisir imposée par Campbellton profitera-t-elle aux arénas voisins?

La décision de la Ville de Campbellton d’imposer l’achat d’une carte de membre aux non-résidents pour l’utilisation de son Centre civique pourrait avoir des retombées positives pour les arénas voisins.

L’an dernier, le Palais des glaces de Dalhousie était loin d’afficher complet. Les équipes voulant louer la patinoire de l’aréna avaient l’embarras du choix. Mais la situation risque d’être plus corsée cette saison.

«Le téléphone ne s’est pas encore mis à sonner énormément, mais on s’attend à ce que ce soit le cas lorsque la Ville de Campbellton dévoilera les tarifs de sa carte loisir», relate le maire de Dalhousie, Normand Pelletier.

Il existe en effet une probabilité que plusieurs équipes et organisations avec des membres provenant de partout au Restigouche refusent de débourser un montant supplémentaire pour se prévaloir de l’accès au Centre civique. Dans le document envoyé par la poste à tous les citoyens de la région au début du mois, la Ville avait évoqué la possibilité de frais tournant autour de 500$ à 1000$ par individu.

«Pour le moment, on a pas mal de disponibilité pour nos temps de glace. Si les montants proposés par Campbellton aux non-résidents ne sont pas raisonnables, j’ai le pressentiment que les heures de location vont s’envoler très rapidement. Car c’est ce qu’on entend partout en ce moment, que les équipes prévoient déménager ici», indique le maire.

Cette popularité soudaine est une bonne nouvelle en soi pour le Palais des glaces qui, comme le Centre civique, ne nage pas dans les profits. Mais voilà, ce dernier pourrait être pris de court par sa popularité soudaine. Car outre les ligues de «gentilshommes», la mesure risque de frapper les ligues commerciales, l’Association de hockey mineur, le club de patinage de vitesse, les écoles de patinage artistique…

«Ça risque d’être difficile d’accommoder tout le monde. Il se peut même qu’on se retrouve plein et que les gens soient obligés d’aller jusqu’à Belledune (ou Saint-Alexis au Québec) pour avoir des temps de glace», souligne-t-il.

S’il se dit content que son aréna court la chance de fonctionner à plein régime cet hiver, M. Pelletier avoue qu’il aurait toutefois aimé que la rentabilité survienne dans d’autres circonstances.

«C’est certain que ça risque d’avoir un impact positif sur nos finances, qu’on risque de mieux faire si on parvient à louer tous nos temps de glaces. Et on ne va pas s’en plaindre. Mais en même temps, remplir nos temps de glaces parce que l’aréna voisin ne va pas bien, ce n’est pas ce que j’appelle quelque chose de positif. J’aimerais mieux voir nos deux infrastructures bien s’en sortir», indique M. Pelletier.

Bien que la situation du Récréaplex/Palais des glaces ne soit pas aussi critique que celle du Centre civique, elle n’en est pas rose pour autant.

«Le coût toujours croissant de l’électricité est toujours un enjeu majeur pour nous. On a changé toutes nos lumières (au-dessus de l’aire de glace) pour des D.E.L.. Au Récréaplex on a investi dans un système de déshumidification et de récupération de la chaleur. On essaye de faire de notre mieux pour épargner, mais ce n’est pas facile», dit-il, comprenant la situation de son voisin.

À ce sujet, il est d’ailleurs catégorique, une discussion régionale est inévitable à ce stade-ci.

«On n’aura pas le choix d’aborder le sujet un moment ou un autre à la Commission de services régionaux. Il va falloir que l’on s’assoie tous ensemble pour trouver des solutions, car ce sont des infrastructures beaucoup trop importantes pour le Restigouche. À l’heure actuelle, nos entreprises tentent désespérément de mettre la main sur des employés. À elle seule, l’usine Zenabis s’apprête à créer plusieurs dizaines de nouveaux postes. On ne va pas garder et attirer des gens ici avec un Centre civique, un Palais des glaces ou un Récréaplex fermé. Ce sont des infrastructures qui améliorent la qualité de vie de la région, sa capacité d’attrait», dit le maire.