Higgs promet davantage de liberté aux municipalités

S’il devient premier ministre, Blaine Higgs promet d’accorder plus de liberté et de pouvoir aux municipalités en matière de fiscalité et d’économie.

Le chef du Parti progressiste-conservateur veut notamment donner plus de marge de manoeuvre aux villes et aux villages en ce qui concerne la taxation.

«Nous devons donner aux municipalités le contrôle sur le financement dont elles ont besoin pour opérer», a-t-il dit, vendredi, lors d’un arrêt de campagne dans la région de Fredericton.

«Dans le modèle actuel, plusieurs municipalités ne peuvent pas progresser, entre autres en raison de leur incapacité à générer des revenus.»

«Une réforme de la fiscalité pourrait permettre aux municipalités de modifier leur taux de taxation pour taxer davantage les entreprises ou les industries.»

M. Higgs souhaite également donner un plus grand rôle aux municipalités dans l’évaluation de la valeur des propriétés.

«Le Nouveau-Brunswick est l’une des seules provinces où les municipalités n’ont pas plus de pouvoirs concernant les évaluations foncières.»

Au sein de son administration, le ministre des Gouvernements locaux aurait la mission de faire «un examen complet des règlements provinciaux» durant la première année du mandat «pour déterminer où l’on peut permettre plus de libertés aux localités.»

Les plus petites municipalités qui n’ont pas les ressources nécessaires pour générer plus de revenus ne seront toutefois pas laissées pour compte dans cette réforme, promet Blaine Higgs.

«Le gouvernement aura toujours un rôle à jouer dans l’égalité des possibilités de revenus. C’est un impératif de l’égalité des chances et nous allons respecter ces principes.»

À son avis, la réforme des lois sur les municipalités effectuée par le gouvernement libéral l’an dernier n’a pas donné les résultats attendus.

«Comme la plupart des réformes des libéraux, c’était surtout pour faire les manchettes des journaux.»

«Nous avons une politique vieille de 50 ans qui n’a jamais vraiment été examinée. Ce que (les libéraux) ont fait, c’étaient des changements mineurs juste pour dire qu’ils ont fait quelque chose.»

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs. Photo: Mathieu Roy-Comeau.

Le directeur général de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick ne fait pas la même analyse de la réforme libérale.

Selon Frédérick Dion, il est «faux» de dire que «rien n’a était fait». Le gouvernement libéral a effectué des changements législatifs «importants», dit-il, notamment en clarifiant le rôle que peuvent jouer les municipalités en matière de développement économique.

«Les municipalités ont été reconnues comme un palier de gouvernement en bonne et due forme. Elles ont une plus grande marge de manoeuvre.»

Au lieu d’une véritable réforme de la fiscalité municipale, le Parti progressiste-conservateur semble plutôt proposer des «améliorations» à ce qui a déjà été fait, avance M. Dion.

Toutefois, la possibilité de taxer davantage les entreprises et les industries «ne veut rien dire» pour les petites municipalités essentiellement rurales, prévient-il.

«Sans fermer la porte, nous avons beaucoup plus d’inquiétudes avec les mesures annoncées.»

Blaine Higgs se dit prêt à partager les revenus de la vente du cannabis avec les municipalités si la province réussit à faire des profits.

«Tout ce qu’a fait le gouvernement en la matière donne l’impression que le Nouveau-Brunswick sera peut-être la seule province à perdre de l’argent avec le pot», a-t-il dit.

«Mais je suis d’accord, s’il y a des profits. Les communautés vont être confrontées à des problèmes de sécurité, de santé et de respect des lois et elles méritent une part de ces profits.»

Il ne ferme pas non plus la porte à l’instauration d’une taxe sur les nuitées à l’hôtel pour subventionner la promotion du tourisme.

«Ça pourrait être l’occasion de faire plus de publicité et d’attirer plus de gens dans nos communautés. C’est quelque chose qui m’intéresse.»