Décroissance dans les écoles du Nord : la situation se stabilise

Depuis de nombreuses années, l’exode de la population du nord de la province vers les centres urbains du sud signifie inévitablement des baisses importantes du nombre d’inscriptions dans les écoles. Mais depuis quelques années, on semble enfin avoir endigué le phénomène.

Dans le nord-est comme dans le nord-ouest, les baisses spectaculaires ont fait place à une certaine stabilité.

«C’est encourageant parce qu’on voit la tendance à la baisse s’estomper d’année en année», confirme Luc Caron, directeur général du District scolaire francophone Nord-Ouest.

«On a eu des années avec des diminutions de 200 ou 250 élèves. On en arrive pratiquement à une stabilité aujourd’hui.»

Environ 5250 élèves sont répartis dans 18 écoles.

Le district compte 1000 employés, dont 450 enseignants et enseignantes.

Depuis 2017, les écoles de la région n’ont perdu qu’une cinquantaine d’élèves, ce qui est une très bonne nouvelle en soi.

La diminution entre 2011 et 2018 est de l’ordre de 461 (les données de 2017-2018 sont préliminaires)

«Honnêtement, je ne pourrais pas vous donner la cause exacte de ça, mais on voit une certaine stabilité au niveau économique dans le nord-ouest depuis quelques années et ça encourage les familles à demeurer dans le coin», explique-t-il.

«On voit également plusieurs familles qui veulent revenir habiter dans leur région natale. Si on regarde les chiffres, on constate qu’on a eu une croissance au niveau démographique l’année dernière à Edmundston, par exemple. Peu importe la raison, nous en sommes bien contents.»

En 2018-2019, le district mettra l’accent sur la continuité, mais aussi sur l’amélioration, notamment au niveau des évaluations provinciales.

«On a donné un bon coup de barre l’an passé au niveau du secondaire et on voit que nos efforts portent fruit. Si je prends juste l’évaluation des jeunes en français, on a fait un gain de 15%, ce qui est super bien», mentionne Luc Caron.

«Du côté des mathématiques, depuis deux ans, on a augmenté nos résultats de 14%. Ce sont des signes très encourageants pour nos jeunes.»

La clé du succès, selon lui, est la participation de tout le monde.

«On va continuer sur cette lancée-là avec nos écoles en partant de la base. On ne veut pas pousser des projets dans la gorge de nos écoles. Ça doit venir de la base. Notre job à nous, c’est d’être à leur service et de les accompagner.»

Un projet pilote sera lancé à l’École Mgr-Matthieu-Mazerolle et l’École régionale-de-Saint-André à compter de septembre, une initiative qui allongera la journée scolaire d’une heure par jour pour les jeunes de la maternelle à la deuxième année.

«On veut faire les choses différemment avec ces jeunes-là. La programmation durant cette heure-là va beaucoup être axée sur le jeu. On a hâte de voir les retombées positives de cette initiative», indique le directeur général.

«On veut favoriser la littératie, la numératie et la lecture avec nos p’tits pits pour leur donner une meilleure chance et une meilleure préparation pour leur avenir.»

Le scénario est étrangement similaire dans le District scolaire francophone du Nord-Est.

Les pertes sont de moins en moins importantes.

«On perd un certain pourcentage d’élèves chaque année, mais nous avons atteint un plancher depuis quelques années», estime le directeur général Pierre Lavoie.

«La situation semble se stabiliser. Il y a eu des années où on perdait près de 12% de nos élèves. Sur des cycles de cinq ans, on voyait nos écoles se vider.»

On retrouvera un total 9112 élèves à travers les 34 écoles du district.

Parmi les 2000 employés, on compte 800 enseignants et enseignantes.

Aucune nouvelle fermeture d’école n’est au menu des administrateurs.

«Il n’y a pour le moment aucune école qui n’est sur le radar. Je dirais même que dans le cas de certaines institutions, comme l’École Ola-Léger à Bertrand, ils ont plus d’élèves aujourd’hui qu’en 2015», constate le directeur général.

Le seul hic, comme c’est d’ailleurs le cas dans le sud de la province, il y a pénurie de suppléants et de personnel de soutien.

Par contre, cette situation signifie un emploi assuré pour les jeunes enseignants et enseignantes qui sortent des universités.

«Chaque enseignant qui avait un brevet pour enseigner a trouvé une niche dans le système. Les nouveaux enseignants ont donc eu une permanence beaucoup plus rapidement qu’ailleurs dans la province. Ils n’ont pas à attendre cinq ou six ans pour obtenir un contrat permanent.»

La lumière au bout du tunnel!