Santé: Blaine Higgs dévoile son plan pour désengorger le système

Blaine Higgs s’engage à «guérir» le système de soins de santé s’il est porté au pouvoir. Il promet notamment d’abolir le système de numéros de facturation des médecins et de réduire les temps d’attente pour certaines chirurgies.

L’autobus bleu du Parti progressiste-conservateur s’est arrêté devant l’Hôpital de Moncton, lundi en début d’après-midi, le temps d’une annonce électorale du chef.

Blaine Higgs a promis de couper de moitié les temps d’attente pour les remplacements de la hanche, les arthroplasties du genou et les chirurgies gynécologiques.

«Nous allons nous concentrer sur ces secteurs et nous mettrons fin à l’engorgement pour que les Néo-Brunswickois aient accès plus rapidement aux chirurgies dont ils ont besoin», a-t-il dit.

Il promet d’ajouter cinq anesthésistes à la liste provinciale de spécialistes et de s’assurer que «les salles opératoires sont utilisées le plus efficacement possible».

Selon des données du gouvernement provincial, seulement 57% des remplacements de la hanche sont effectués en dedans des délais de l’objectif national, qui est de 182 jours. Pour le remplacement du genou, on parle de 45%.

Pendant ce temps, les femmes qui veulent se faire enlever l’utérus doivent prendre leur mal en patience.

Selon des données du gouvernement provincial, dans ce cas, neuf interventions sur dix sont complétées en 204 jours. Le pourcentage d’interventions effectuées en dedans des délais du repère national ne sont pas disponible pour cette opération.

Réforme de la facturation et accent sur le recrutement

Le chef du Parti progressiste-conservateur s’engage aussi à réformer le système de numéros de facturation afin de favoriser le recrutement et le maintien en poste des médecins.

Au Nouveau-Brunswick, les médecins doivent détenir l’un de ces numéros pour que leurs services soient payés par l’assurance-maladie provinciale. Le gouvernement décide combien de numéros sont en circulation, tandis que les réseaux de santé les assignent aux professionnels de la santé.

Blaine Higgs promet d’abolir ce système, qu’il qualifie de «bureaucratique» et de «vétuste».

«Les médecins pressent pour ce changement depuis des années. Les numéros de facturation empêchent les communautés de planifier et d’éviter les pénuries de médecins et ils nous empêchent de recruter les médecins où nous en avons besoin.»

Il affirme aussi qu’il veut travailler avec la Société médicale du Nouveau-Brunswick pour s’«assurer que le Nouveau-Brunswick est compétitif (avec les autres provinces canadiennes) en matière de rémunération et de taxation des médecins, ainsi qu’en matière de charge de travail, de flexibilité et de qualité de vie.»

Le chef progressiste-conservateur dit qu’il veut faire davantage appel aux compétences des pharmaciens, des infirmières praticiennes et des assistants médicaux pour que les médecins puissent se concentrer sur leur travail principal.

Quant à l’entente sur la privatisation du Programme extra-mural, conclue entre le gouvernement libéral de Brian Gallant et l’organisation à but non lucratif Medavie, il veut la réviser.

«Et nous n’hésiterons pas à protéger nos services publics si l’entente ne livre pas les résultats promis et qu’elle ne place pas la santé et la dignité des patients en premier.»

NCLEX-RN: Higgs veut que les examens soient «équitables»

Dans le discours qu’il a prononcé lundi après-midi, Blaine Higgs a fait référence à l’examen d’entrée à la profession infirmière au Nouveau-Brunswick, le NCLEX-RN.

Depuis son adoption en 2015 par l’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, cet examen suscite la controverse.

Plus tôt cette année, la commissaire aux langues officielles a tranché que le NCLEX-RN défavorise les futures infirmières francophones puisque sa traduction n’est pas parfaite et qu’il existe beaucoup plus de ressources en anglais qu’en français pour se préparer à le passer.

Sans nommer clairement le NCLEX-RN, Blaine Higgs s’est engagé à «appuyer les institutions d’enseignement et les étudiants en science infirmière francophones dans leur combat pour un examen juste, égal et professionnel.»

Lorsque des journalistes lui ont posé des questions à ce sujet afin de préciser ce qu’il propose au juste, il a répondu qu’il souhaite s’asseoir avec les universités et les étudiantes pour mieux comprendre le problème.

«Si la traduction est problématique ou si un nouvel examen est nécessaire, ça ne devrait pas être un processus difficile», a-t-il dit.

Il a ensuite reconnu qu’il n’a pas lu le rapport du Commissariat aux langues officielles sur le rapport NCLEX-RN.

«J’ai vu certains des faits saillants, mais je n’ai pas passé au travers (du rapport) en détail, non.»