L’Alliance s’invite dans le nord du N.-B.

L’Alliance des gens Nouveau-Brunswick tente une première incursion au Restigouche depuis sa fondation en 2010. Une première tout court en fait pour cette formation politique qui n’avait pas, jusqu’ici, présenté de candidat au nord de Néguac.

Associé surtout aux régions du sud de la province, l’AGNB tente une percée à l’autre extrémité.

Réputé pour ses idées controversées en matière de bilinguisme et de langues officielles, le parti présente un candidat – Robert Boudreau – dans la circonscription de Campbellton-Dalhousie, circonscription bilingue et même légèrement plus francophone.

À l’image de la majorité de son parti, M. Boudreau ne peut converser en français.

«Ma famille a des racines francophones, mais puisqu’on restait dans un secteur surtout anglophone et qu’on allait à l’école en anglais, je n’ai appris que cette langue. Puis je suis parti poursuivre mes études à Toronto. Je parle comme ci comme ça en français, mais j’essaye toujours d’apprendre», confie l’homme âgé de 73 ans.

Originaire de Glen Levit, il est surtout connu comme étant l’ancien propriétaire du commerce Boudreau Meat de Campbellton. Il a quitté la région en 2003 après la fermeture de l’entreprise. Pendant 15 ans, il a vécu dans l’Ouest canadien. Il est revenu dans la région il y a quelques mois.

«Je suis natif d’ici et j’ai toujours aimé la région. J’ai vécu à Toronto, en Colombie-Britannique, mais c’est ici chez moi», indique-t-il.

Bien que plusieurs personnes perçoivent l’AGNB comme étant un parti anti-francophones, ce n’est pas la vision qu’a M. Boudreau, même s’il dit endosser chacune des politiques comme l’abolition du poste de Commissaire aux langues officielles.

«Pour moi, le Restigouche est la preuve qu’on peut bien s’entendre sur la question de la langue. Nous sommes deux communautés qui vivent très bien l’une avec l’autre, et surtout lorsque l’on travaille ensemble et non chacun de son côté. Et ce n’est pas ce que l’on voit au niveau de la province alors que chacun travaille de son côté sans l’autre, et ça ne signifie pas être contre le bilinguisme. Personnellement, je n’ai jamais eu de difficultés à m’entendre avec les francophones, et vice-versa», clame le candidat qui se lance en politique pour essayer de faire bouger les choses.

Son souhait? Voir les jeunes cesser de quitter la région, faire en sorte qu’ils demeurent travailler ici. Il raconte par ailleurs avoir été séduit par la plate-forme fiscale proposée par l’AGNB.

L’Alliance souhaite notamment abolir le réseau de santé francophone et mettre fin aux transport scolaire homogène pour les élèves de la minorité.

En 2010, l’AGNB avait obtenu 1,2% du vote populaire avec 14 candidats. Le parti a fait passer ce score à 2,1% avec quatre candidats de plus (total de 18) lors de l’élection suivante. Cette fois, le parti aligne jusqu’à présent 27 candidats.

La direction du parti n’a pas répondu notre demande d’entrevue.