Le Restigouche marche en appui à la communauté LGBTQ+

Un peu plus de 200 personnes ont répondu à l’invitation du conseil municipal de Campbellton en prenant part, lundi, à la toute première Marche de la fierté.

«Il y a deux ans, nous étions à peine une douzaine de personnes pour hisser le drapeau de la Fierté à notre mât. Cette année, nous sommes 200. C’est incroyable.»

La mairesse de Campbellton, Stéphanie Anglehart-Paulin, était visiblement émue de l’appui des gens du Restigouche envers la communauté LGBTQ+, une cause particulièrement importante à ses yeux.

«On est une ville progressiste et je veux que tous nos citoyens puissent s’y sentir à l’aise. C’est pour cela qu’on a commencé à hisser le drapeau arc-en-ciel, qu’on a autorisé de repeindre la traverse piétonnière et qu’aujourd’hui on marche. Chaque petit geste de sensibilisation compte», estime-t-elle.

Le départ de la marche a été donné à la Place du Saumon, de sorte que les participants puissent rapidement enjamber la traverse piétonnière arc-en-ciel, un autre symbole d’appui qui a fait son apparition dans la région en juin.

Plus de 200 personnes ont répondu, lundi, à l’invitation de la Ville de Campbellton de prendre part à sa toute première Marche de la Fierté. La mascotte de l’inclusion pour les écoles francophones de la province était de la partie. – Acadie Nouvelle Jean-François Boisvert

Parmi les marcheurs, un personnage pour le moins coloré…une licorne. Il s’agit en fait de la mascotte de l’inclusion pour les écoles francophones de la province. Elle en était d’ailleurs seulement de sa seconde sortie publique, elle qui a pris part tout récemment au défilé de la Fierté de Moncton.

Sous ce costume cette fois, on retrouvait Véronique Thibeault, mentor en inclusion scolaire pour le District scolaire francophone Nord-Est. Celle-ci avait participé à la conception de la traverse piétonnière de la Ville.

«Je trouve ça vraiment super. C’est un beau message que la région envoie à la communauté LGBTQ+. On n’y a jamais trop de sensibilisation pour cette cause, car malheureusement beaucoup de gens sont encore stigmatisés. Qu’une communauté – surtout en milieu rural comme ici – se lève et dise à leurs citoyens et leurs jeunes que c’est bien, qu’ils ne doivent pas avoir peur d’être ce qu’ils sont, qu’aimer c’est aimer peu importe qui, moi je trouve cela extraordinaire. Ce sont de belles valeurs à transmettre», estime-t-elle.

Certains préjugés sont toutefois plus coriaces que d’autres. En regardant le défilé, des citoyens n’ont pu s’empêcher d’exprimer leurs mépris à l’endroit de la cause et de ses participants.

«C’est disgracieux de voir ça dans nos rues.» «Nos jeunes devraient avoir honte.» «S’ils sont fiers, qu’ils le soient chez eux, ils n’ont pas d’affaire à imposer ça à tout le monde», a-t-on pu entendre.

La mairesse a entendu certains des commentaires. Elle a même poliment demandé aux protestataires de quitter les lieux afin d’éviter tout débordement.

Marche de la fierté de Campbellton. – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert

«C’est correct d’avoir des opinions qui divergent, mais ils ne sont pas représentatifs de la ville. Ce genre de commentaires est en fait un rappel de la raison d’être de cette marche, soit qu’il y a encore du travail à faire pour faire tomber les préjugés», exprime la mairesse.

«Aujourd’hui, on a une activité qui porte sur l’inclusion, l’acceptation et l’amour. Il n’y a pas de place pour la haine. Heureusement, les mentalités évoluent tous les jours», a ajouté Mme Anglehart-Paulin.

À noter que le District scolaire francophone Nord-Est sera l’hôte en avril du second Sommet provincial des jeunes LGBTQ+ et alliées. L’événement aura lieu à l’École Secondaire Népisiguit de Bathurst.  Environ 250 jeunes sont attendus.