Centre régional: les localités du Grand Caraquet prêtes à aider, mais pas à n’importe quel prix

Le projet de Centre régional des générations semble obtenir l’acceptation sociale des municipalités du Grand Caraquet. Dans un projet évalué à 15 millions $, c’est déjà ça de gagné. Cependant, quand on aborde la contribution financière à venir, que ce soit pour la construction ou la gestion de ce nouvel édifice dédié au mieux-être, ces mêmes municipalités tiennent un discours beaucoup plus réservé.

Guy Cormier est maire de Saint-Léolin. Le village a perdu son école il y a quelques années et son épicerie, qui a depuis rouvert ses portes. Les défis sont continuels au sein du conseil et les dollars disponibles sont peu nombreux.

«Ça semble intéressant, ce serait bon pour la communauté et les jeunes. Caraquet demande notre appui pour avoir de l’aide des gouvernements. Notre appui? Pas de problème. Le Grand Caraquet a besoin d’un amphithéâtre de cette envergure. Si nous voulons garder nos gens ici et permettre à nos jeunes de compétitionner, ça prend un complexe adéquat et ce n’est pas Saint-Léolin qui pourra s’en construire un. Alors, aussi bien collaborer avec Caraquet dans ce dossier. Mais nous allons payer ce que nous aurons les moyens de payer», souligne M. Cormier.

Pour l’instant, la contribution estimée du village d’à peine 700 citoyens serait modeste. Mais non loin de là, à Bertrand, ça pourrait s’élever à quelques dizaines de milliers de dollars.

«Nous sommes prêts à donner un appui moral, physique et monétaire, confirme le maire Yvon Godin. Il reste à éclaircir certaines choses, mais sans vouloir dévoiler un chiffre, notre contribution serait pas mal élevée. Si tout le monde embarque, ça devrait être possible. Mais jusqu’à quel point, quel montant? Bertrand n’a pas une grosse capacité de payer.»

À son avis, le nerf de la guerre passera par l’engagement des districts de services locaux du territoire.

«Si les DSL ne sont pas inclus dans ce projet, je crois que ce sera très difficile pour Bertrand de suivre», pense-t-il.

Si l’appui moral de la municipalité voisine de Caraquet est acquis, M. Godin se demande cependant si l’on n’est pas en train d’ouvrir une porte qu’on ne pourra plus refermer dans le Grand Caraquet.

«On nous demande d’aider pour le Centre régional des générations. Oui, nous sommes d’accord. Mais après, ce sera pour quoi? La culture? Un autre projet? Nous ne sommes pas dupes. Bertrand n’a pas les moyens seul d’offrir ces services. C’est bien de collaborer avec Caraquet et nous avons une très belle relation. Mais nous ne signerons pas un chèque en blanc. Si nous payons pour les dépenses, nous devrions aussi bénéficier d’un retour sur les revenus», avertit M. Godin.

À Bas-Caraquet aussi, on endosse le concept proposé par Caraquet. Mais là aussi, il faudra bien en évaluer les coûts directs et indirects, affirme le directeur général Dave Cowan.

«Des projets régionaux comme celui-ci doivent être appuyés, a-t-il laissé entendre. Mais nous devons aussi savoir à quel prix. Nous sommes conscients des besoins pour un nouvel édifice et nous savons aussi que nos citoyens vont s’en servir. C’est un beau dossier positif. On voit ça d’un bon oeil.»

Le conseil municipal a récemment adopté une proposition d’appui. Selon Dave Cowan, ça démontre l’intention réelle du village d’être un partenaire.

«Si nous pouvons aider Caraquet, Bas-Caraquet va faire son possible», a réitéré le DG de Bas-Caraquet.

À Grande-Anse, le directeur général Patrick Thériault n’a pas voulu commenter le dossier pour l’instant.