Inkerman : le gros lot de la chasse à l’as atteint 750 000$

L’as de coeur prend joliment de la valeur à la loterie du Comité du pont d’Inkerman. En à peine un mois, la carte coquine et bien timide, toujours cachée dans le paquet des 19 cartes restantes, est passée de 356 000$ à plus de 750 000$. Trois quarts de million. Il y a de quoi faire rêver.

Justement, le rêve fait courir les foules. Jeudi après-midi, un flot incessant d’acheteurs de billets entraient et sortaient du Centre communautaire d’Inkerman, situé à un jet de pierre des ruines calcinées du pont détruit par un incendie criminel il y aura un an en octobre.

Avant qu’il ne soit incendié, l’ancien pont ferroviaire d’Inkerman servait, entre autres, aux amateurs de VTT. – Archives

Si la cause alimentait le gros lot au départ de cette chasse à l’as, c’est maintenant ce pactole plus juteux d’une semaine à l’autre qui vient en aide à la cause. La situation arrache facilement le sourire aux bénévoles affectés à l’accueil des clients.

Francine Gallant est arrivée de Saint-Louis-de-Kent avec plusieurs commandes. Chaque semaine, elle prend la route avec sa tante pour acquérir des billets, en espérant que la prochaine fois sera la bonne. Pas question de se laisser aller au découragement.

Et si… «Oh My God! Je ne sais pas (ce que je ferais). On va bien se gâter un peu!», avoue-t-elle avant de reprendre la route.

Maurice Chiasson est venu acheter son paquet à 20$ toutes les semaines depuis le début, en janvier.

«Le pont d’Inkerman, c’est important, avance le résident de Bathurst qui représente un groupe de sept personnes. J’ai toujours appuyé la communauté là-dedans. Je ne l’avais jamais utilisé, mais peut-être le ferai-je un jour quand il sera reconstruit. Je viens pour la cause… et le montant. Si je ne venais pas, je n’aiderais pas. Avec ce gros lot, on peut faire des projets intéressants, peut-être voyager, rénover ma maison… Il serait dépensé à la bonne place.»

Janelle Brideau arrive avec sa petite enveloppe grise. À l’intérieur, il y a la contribution de ses collègues de travail de l’Hôpital régional de Tracadie. Ils sont 34 en tout à avoir mis 5$ et elle s’est portée volontaire pour acquérir les billets.

«On participe pour la cause et le montant. Quand le pont a brûlé, cela a touché tout le monde. Avec un gros lot de cette ampleur, c’est encore plus intéressant. Ça payerait quelques dettes, mais pas assez pour que j’arrête de travailler», confie-t-elle en riant.

À l’écart des bénévoles, Denis O. Landry, secrétaire du comité, gère d’un oeil avisé le tout. Casquette des Red Sox de Boston vissée sur la tête, rien ne lui échappe.

«Ça va bien. On voit un bel engouement. C’est achalandé. Sommes-nous surpris? Oui. C’est un bel appui de la part de la communauté. Le succès de cette chasse à l’as est dû à la chance, mais aussi au travail des bénévoles. C’est grâce à eux si ça va si bien.»

Plus le gros lot monte, plus ça signifie de l’argent dans les coffres du comité. Jeudi, M. Landry parlait de près de 800 000$, soit 300 000$ de plus que l’objectif visé. Et tout ça dans une seule loterie. Sans souhaiter de malchance à personne, on aimerait bien que ça se continue pour encore un peu de temps…

«Le travail n’est pas terminé, loin de là. Nous avons à convaincre le gouvernement de la nécessité de reconstruire le pont, mais ce montant nous donne de la flexibilité. Une fois le pont construit, il nous en restera assez pour partager entre les six entités responsables de la loterie. Le gouvernement s’est déjà engagé dans une étude de faisabilité de 300 000$. On imagine qu’il ne fait pas ça pour rien», analyse-t-il.

Quand la fatigue semble vouloir prendre le dessus, lui et les bénévoles n’ont qu’à regarder les poutres noircies de ce qui a été un pont. Et l’argent qui s’empile pour la cause. Ça donne de l’énergie.

En fin d’après-midi, vendredi, le détenteur ou la détentrice du billet tiré jeudi soir (rose 1551116) ne s’était toujours pas manifesté.