Un record de candidatures féminines, mais encore du chemin à faire

Un nombre record de femmes se présentent aux élections provinciales, mais on est encore bien loin de la parité, surtout parmi les partis en tête dans les intentions de vote.

Quatre-vingt-treize des 241 candidats sont des femmes, soit une proportion de 38 pour cent.

Seuls les néo-démocrates et les verts ont atteint la barre des 50 pour cent de candidatures féminines, comparativement à 39 pour cent pour les libéraux et 29 pour cent chez les conservateurs.

Le chef libéral Brian Gallant a souligné que la proportion de 39 pour cent était en fait le plus haut niveau atteint par le parti dans son histoire.

Lors d’un arrêt de campagne mercredi à Fredericton, M. Gallant a fait valoir que le parti avait atteint son objectif de 50 pour cent de candidatures féminines pour toutes les circonscriptions dans lesquelles il n’avait pas de candidat sortant.

Le chef libéral a soutenu qu’au fil du temps, avec le retrait de députés sortants, la politique en place au sein du parti permettrait d’atteindre la parité.

Nancy Peckford, directrice générale de À voix égales – une organisation pancanadienne qui préconise un plus grand nombre de femmes élues dans tous les ordres de gouvernement au Canada -, a affirmé que les statistiques au Nouveau-Brunswick sont encourageantes.

« La parité pour deux partis sur quatre démontre des progrès importants », a-t-elle affirmé. « Un niveau de près de 40 pour cent pour les libéraux est également très encourageant. »

Parmi les 49 circonscriptions du Nouveau-Brunswick, il y en a deux, dans la région de Moncton, où tous les candidats sont des femmes. Il y a six circonscriptions sans candidates.

Donald Wright, politologue à l’Université du Nouveau-Brunswick, soutient que les femmes sont aussi plus attirées par les verts et les néo-démocrates à cause des politiques sociales de ces partis, et que cela se répète partout au pays.

« Les femmes se préoccupent davantage de la politique sociale, de la politique familiale, de la politique en matière de garderie, de la garde des enfants et de l’éducation », a-t-il déclaré.

« Je pense que les femmes sont intéressées par la politique, mais elles peuvent ne pas être intéressées par la façon dont la politique est faite. La façon dont il est pratiqué est tellement conflictuelle. »

Susan Holt, candidate libérale à Fredericton, mentionne qu’elle est d’accord pour dire que peu de femmes veulent jouer le jeu politique.

«  Je pense que l’environnement politique, en général, est peu attrayant. C’est plein d’insultes, de négativité, de confrontation, du moins jusqu’à il n’y a pas longtemps », avance Mme Holt.

«  Nous avons longtemps considéré les dirigeants politiques comme des hommes. Cela a été la norme . Briser ces préjugés peut être difficile, mais plus les femmes occuperont des postes de direction politique, plus les femmes se rendront compte que cela peut être fait et fait différemment », a-t-elle déclaré.

Elle se dit surprise par le type d’examen minutieux auquel elle fait face pendant sa campagne.

« Je suis régulièrement interrogé sur ma coupe de cheveux et pourquoi il semble différent de novembre à aujourd’hui. Je ne sais pas si l’un de mes collègues masculins doit faire face à de telles questions. On m’a posé des questions sur mon poids et mon âge », a-t-elle déclaré.

Nancy Peckford rappelle que le Nouveau-Brunswick a traditionnellement un des taux les plus bas pour les femmes élues à des postes politiques, tandis que la Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario sont au sommet ces dernières années.