«Alex a tellement travaillé fort pour arriver jusque là»

Depuis ses débuts dans le hockey, Alex Chiasson a toujours pu compter sur l’appui des cinq frères et sœurs de son père Serge, soit Jean-Guy, Gaétan, Patricia, Sylvie et Fabienne, ainsi que sur celui de ses deux oncles du côté de sa mère Marilyn, plus précisément Jean et Jacques.

J’ai discuté un peu avec Jean pendant la soirée privée à la maison familiale. Lui-même un ex-hockeyeur de haut niveau, ayant joué contre d’anciens professionnels tels que Réjean Giroux et Réjean Lemelin, Jean Guay est depuis longtemps un inconditionnel de son neveu.

«Ce soir (dimanche), c’est comme si nous réalisons enfin que ce qui est arrivé le 7 juin dernier est bien vrai, affirme-t-il. C’est touchant de voir tous ces gens qui ont supporté Alex un peu partout. Il y a même des gens qui sont venus d’aussi loin que de Des Moines, en Iowa (lire plus loin dans le texte).»

«Alex a tellement travaillé fort pour arriver jusque là. Il y a un an, son statut était pourtant incertain et il a été chanceux de se retrouver avec un club comme Washington. D’autant plus que ça lui a permis de vivre cette expérience», confie-t-il en regardant la coupe Stanley.

«Je suis extrêmement content aussi pour Serge et Marilyn. Ils ont tellement investis d’heures pour suivre et encourager Alex. Ils ont d’abord fait la grandeur de la province, puis ils ont également été le voir jouer partout aux États-Unis. Les sacrifices qu’ils ont fait pour qu’Alex atteigne la Ligue nationales sont immense. C’est impensable», dit-il.

«Mon neveu est vraiment un bon garçon. C’est aussi un gars d’équipe. Il est fidèle, sincère et loyal avec ses amis. Avec lui, c’est à la vie à la mort» soutient-il.

Nous en profitons évidemment pour parler de Gilbert et Jacqueline, les grands-parents d’Alex du côté maternel, décédés tous deux dans les dernières années.

«Ils suivaient beaucoup la carrière d’Alex. Ils l’ont toujours encouragé. Je me souviens que mon père lui disait souvent: ‘‘Lâche pas mon p’tit garçon. Tu vas réussir’’. Maman, elle, prenait ça très au sérieux. À 87 ans, elle suivait ça sur sa tablette et elle était souvent sur Skype», se remémore Jean Guay sur un ton légèrement nostalgique.

On change alors la conversation pour se concentrer sur la coupe Stanley qui se trouve à quelques mètres de nous.

«À mon avis c’est la vraie coupe, me dit-il. J’ai même remarqué qu’il manquait un peu de peinture noire dans le bas. Elle est aussi un peu magané ici et là. Tu vois qu’elle s’est promenée beaucoup.»

«En fait, à une époque, elle s’est peut-être même promenée un peu trop à mon goût sur la rue Sainte-Catherine à Montréal», lance-t-il en riant.

– Ah bon, je ne parle donc pas à un partisan du Canadien, que je lui rétorque.

«Jamais de la vie. J’étais un partisan des Nordiques. J’ai été un partisan des Nordique dès le premier jour avec Jean-Claude Tremblay qui avait quitté le Canadien pour se joindre au club. D’ailleurs, plusieurs autres gars ont quitté le Canadien pour venir jouer à Québec. Marc Tardif et Réjean Houle, par exemple. J’avais même mes billets de saison», ajoute le sympathique résident de Cacouna, près de Rivière-du-Loup.

La pension d’Alex à Des Moines

Parmi les invités à la soirée de dimanche, on retrouvait également Nick et Barb Cecere qui ont hébergé Alex lors de sa saison 2008-2009, alors qu’il portait les couleurs des Buccaneers de Des Moines dans la USHL.

Alex ne pouvait d’ailleurs pas se retrouver dans un meilleur endroit puisque l’homme de la maison était lui-même un ex-hockeyeur. D’autant plus que son fils, Nick Jr., évoluait aussi pour les Buccaneers. Et c’est sans compter le fils cadet, Garrett, entamera sous peu sa carrière professionnelle avec les Mariners du Maine dans la ECHL. Bref, ça transpirait le hockey chez les Cecere.

Nick et son épouse étaient visiblement enchantés d’avoir été invités.

«C’est incroyable, s’exclame-t-il. Nous sommes tellement fiers d’Alex. C’est un bon jeune homme et un fantastique joueur de hockey. Nous avons toujours gardé le contact avec lui après son passage chez nous. Nous nous sommes même abonnés au forfait de la LNH afin de voir tous ses matchs. Alex a été un frère pour mes fils. En dépit des années qui ont passé, Alex est resté le même. Il n’a pas changé d’un iota. C’est vraiment un bon être humain.»

Le clan Barnes également présent

Bien sûr, la conjointe d’Alex, Riley Barnes, était également sur place. Riley n’était d’ailleurs pas la seule de son clan à s’être déplacé puis son père Stu et sa conjointe ont également fait le voyage de Dallas. Pour ceux et celles qui se demandent, c’est le même Stu Barnes qui a disputé plus de 1100 matchs dans la Ligue nationale.

En discutant avec Riley, je lui ai fait remarquer qu’il était ironique que ce soit elle qui permette finalement à son père de toucher à la coupe Stanley.

Pour la petite histoire, Barnes, alors qu’il évoluait pour les Sabres de Buffalo, a vu son équipe être éliminé en finale de la coupe Stanley par les Stars de Dallas, en 1999, lorsque Brett Hull a inscrit le but vainqueur en troisième période de prolongation dans le sixième duel de la série.

J’ai demandé à Riley si son père était un peu jaloux de son amoureux.

«Non, non, dit-elle en riant. Papa est très content pour lui. Il est fier. En fait, toute la famille est fière et contente.»

«C’est une journée spéciale pour Alex. Depuis qu’il a remporté la coupe, il ne se passe pas une journée sans qu’il soit aborder par des gens qui veulent lui parler de ça. C’est incroyable», ajoute la jeune femme.

Des ex-entraîneurs fiers

J’ai aussi profité du passage de la coupe Stanley au Séminaire Saint-François, où Alex a joué la majeure partie de son hockey mineur, pour faire un brin de causette avec deux de ses anciens entraîneurs du programme sport-études, Frédéric Marquis et Richard Cauchon.
Les deux hommes de hockey ne voulaient évidemment pas raté l’occasion de revoir leur ancien élève. Ils étaient d’ailleurs présents au T-Mobile Arena, le domicile des Golden Knights de Vegas, lorsque les Capitals de Washington ont remporté la coupe Stanley dans le cinquième duel de la série.

Il faut dire qu’Alex n’était pas leur seul ex-élève impliqué dans la finale puisque les Golden Knights comptaient dans leurs rang le gardien Maxime Lagacé et l’attaquant Jonathan Marchessault, eux aussi deux anciens joueurs du Blizzard du Séminaire Saint-François.

«J’ai dirigé Alex avant qu’il ne joue avec l’équipe midget AAA de l’école, mentionne Frédéric Marquis. Déjà, à l’époque, Alex se démarquait par son intelligence et sa compréhension du jeu. Il était à son affaire, toujours sérieux. Il était aussi déjà très bon en possession de rondelle. Il avait le genre d’attitude qui nous faisait dire qu’il avait ce qu’il fallait pour se rendre loin.»

«Déjà au niveau pee-wee, Alex avait le caractère, la volonté et le souci du détail, indique pour sa part Richard Cauchon. Et en plus d’être un bon athlète, il était également très bon au niveau académique. C’est d’ailleurs pourquoi il s’est tourné vers le hockey universitaire américain. Il avait cet avantage d’être aussi performant à l’école que sur la glace.»

«Ça fait plaisir de voir Alex devenir au Séminaire Saint-François avec la coupe. C’est une belle façon de redonner à son école. Ça représente beaucoup pour nous. En apportant la coupe Stanley ici, il aide à poursuivre la tradition qu’a apporté le regretté père (Jean-Marc) Boulay au SSF», ajoute Richard Cauchon.