Balmoral riposte avec ses propres dépliants

Farouchement opposé à contribuer financièrement au fonctionnement du Centre civique Memorial de Campbellton par le biais de sa taxe foncière, le conseil municipal de Balmoral a cru bon s’adresser directement à ses citoyens afin d’expliquer sa décision.

Et pour se faire, la municipalité a utilisé la même médecine que la Ville de Campbellton, soit un dépliant envoyé par la poste à tous ses citoyens.

«À la différence que nous, on s’est adressé à nos citoyens uniquement. On n’a pas envoyé cela à ceux de Campbellton ou du reste du Restigouche», exprime le maire Charles Bernard.

Il en coûtera dorénavant – et à quelques exceptions près – 200$ par personne pour les non-résidents de Campbellton pour adhérer au Centre civique Memorial et avoir accès à ses programmes et services. Les citoyens des municipalités de Dalhousie seront  exemptés en vertu d’un accord de réciprocité (la ville du Restigouche-Est possède des infrastructures sportives similaires), de même que ceux de Tide Head en raison de sa contribution monétaire annuelle.

À Balmoral, la décision de ne pas participer financièrement a été prise pratiquement le jour même de la réception de la demande de Campbellton. La position du conseil et de son maire n’a pas changé depuis. Celui-ci a néanmoins cru bon décortiquer le raisonnement derrière ce refus afin d’éclairer ses citoyens.

«Nous ne sommes pas contre le fait que Campbellton instaure un coût d’adhésion ou quoique ce soit pour l’utilisation de son Centre civique. Cette infrastructure lui appartient et ce n’est pas à nous de lui dire comment le gérer ou gérer les finances de la Ville. Mais en tant que maire, je vais investir dans mes propres infrastructures avant de demander à mes citoyens de payer à même leurs taxes pour celles de la communauté voisine», dit-il.

M. Bernard affirme ne pas avoir subi de pression au cours des dernières semaines afin de réviser sa position.

«Je n’ai pas eu un seul citoyen qui est venu me voir pour me dire qu’il était prêt à ce que le village hausse ses taxes. On semble appuyer notre position, mais on s’interroge sur les raisons de notre décision. Et c’est pourquoi on a pensé faire le point», souligne-t-il.

En somme, il n’a pas apprécié le message véhiculé par sa consœur de Campbellton par le biais de la poste. C’est ce qui a valu cette riposte.

«Je ne vais pas accepter qu’on vienne dire n’importe quoi à mes citoyens, et pour moi la Ville a oublié des points très importants dans son message. Comme dire qu’elle connaît une croissance continue de son assiette fiscale depuis 2012 – donc de ses revenus – et que ça va bientôt hausser d’un autre 40 millions $ avec la construction du centre pour jeune et de la nouvelle école primaire anglophone. Dans ce contexte, et puisqu’on sollicite notre argent, je crois qu’on est en droit de se questionner sur la capacité de Campbellton à gérer ses finances», indique le maire.