Foyer de soins: «C’est ridicule, honteux», proteste le maire de Dalhousie

Le déménagement à l’intérieur du nouveau Foyer de soins de Dalhousie n’est qu’une question de semaines.

C’est dû moins ce qu’affirme le président du conseil d’administration du foyer, Alden Appleby.

Celui-ci répondait ainsi aux critiques qui se font de plus en plus nombreuses et virulentes concernant le déménagement du personnel et de la clientèle à l’intérieur de la nouvelle infrastructure.

Il faut savoir que pratiquement à pareille date l’an dernier (août 2017), l’Acadie Nouvelle rapportait dans ses pages que le conseil d’administration du Foyer de soins de Dalhousie prévoyait déménager dans son nouvel établissement avant l’hiver 2017, soit un an après la date prévue initialement. Cela dit, les mois se sont succédé et les délais aussi, si bien que l’été tire à sa fin et le nouveau foyer – construit au coût de 23 millions $ – demeure toujours inoccupé.

Cette situation en exaspère plus d’un, à commencer par le maire de Dalhousie, Normand Pelletier, qui se demande bien ce qui arrive. «Je ne sais pas ce qui se passe, si c’est la faute de l’entrepreneur, du conseil d’administration du foyer ou du gouvernement provincial. Ce que je sais par contre, c’est qu’on a des personnes âgées et des employés qui devraient profiter du nouveau foyer depuis longtemps et que ce n’est pas le cas», souligne ce dernier.

Ce dernier estime que le conseil aurait pu déménager ses clients il y a belle lurette, en dépit des quelques pépins décelés dans la bâtisse, pépins qualifiés de mineurs par le conseil d’administration. «On aurait dû ouvrir la place et réparer les petits bobos au fur et à mesure. Là, on entend que ce soit parfait, impeccable. Mais pendant ce temps-là, on a des clients qui attendent et des donateurs qui s’impatientent. Ça fait quatre ans qu’on est en construction, c’est ridicule, honteux, qu’on en soit toujours à ce stade», critique le maire, se questionnant sérieusement sur la supervision effectuée par la province.

«Il me semble que si je dépense autant de millions pour un projet, je vais m’assurer que ce soit bien fait tout au long du processus. Là, il semble y avoir eu des manquements importants, de la négligence», dit-il.

Le projet devait au départ être complété à l’automne 2016. Bien que les clés aient déjà été remises au conseil d’administration, aucun patient ne s’y trouve encore près de deux années après la date anticipée.

L’an dernier, le conseil d’administration affirmait que les retards étaient dus, entre autres, à des problèmes avec l’entrée d’eau et le système de gicleurs qui a dû être changé au complet.

Malgré tout, Alden Appleby demeure positif. «Il reste encore quelques détails à régler, mais ils sont mineurs. Le déménagement ne devrait pas tarder, quelques semaines tout au plus. On veut le bâtiment soit complété à 100% pour l’arrivée de nos 90 locataires, et non pas qu’il y ait des constructions dans les corridors pendant qu’ils sont là. À ce stade-ci, ce n’est pas une semaine ou deux qui fera une grosse différence», souligne M. Appleby, avouant que la situation n’est pas l’idéale.

«C’est décevant, frustrant, et je suis le premier à l’admettre», dit-il.

Celui-ci attend d’ailleurs après ce déménagement pour savoir ce qu’il adviendra de l’ancien foyer de soins. Le conseil d’administration jongle avec certaines options. «On a des idées en tête pour offrir d’autres services et qui nous permettraient de conserver la bâtisse. Mais les options de la vente ou même de la démolition sont toujours sur la table», note M. Appleby.