Rencontre éditoriale: Gallant agira si des provinces échappent au plan fédéral sur le carbone

Il serait «injuste» pour le Nouveau-Brunswick qu’une partie du pays ne paye pas pour ses émissions de gaz à effet de serre, selon Brian Gallant.

Après la Saskatchewan et l’Ontario, c’était au tour de l’Alberta récemment de se retirer du plan fédéral contre les changements climatiques.

Malgré tout, le chef du Parti libéral ne fléchit pas. Il vaut mieux, à son avis, que le Nouveau-Brunswick taxe lui même les émissions de carbone de ses consommateurs plutôt que de se voir imposer la taxe fédérale aussi appelée «filet de sécurité».

Il compte d’ailleurs sur le fédéral pour mettre sa menace à exécution dans les provinces délinquantes.

«Si ce n’est pas tout le pays qui joue son rôle, ça peut être injuste d’une façon ou d’une autre pour les industries ou les consommateurs (du Nouveau-Bruns­wick)», a-t-il confié, jeudi, lors d’une rencontre avec le comité éditorial de l’Acadie Nouvelle.

«Si jamais il y a des provinces qui s’échappent du filet de sécurité fédéral ou qui n’adoptent pas leur propre tarification du carbone, nous allons certainement analyser la situation et agir s’il le faut.»

M. Gallant irait-il lui aussi jusqu’à se retirer du plan fédéral lors d’un hypothétique deuxième mandat de son gouvernement si Ottawa tarde à utiliser le bâton contre l’Ontario ou les provinces de l’Ouest? Le premier ministre sortant ne va pas jusque là.

«C’est très difficile de répondre à des questions hypothétiques parce que ça dépend de ce qui arrive», répond-il.

«Avec la position dans laquelle nous sommes, il faut aller de l’avant puisque le gouvernement fédéral nous a dit qu’il allait y avoir une tarification du carbone dans les provinces ou qu’il y aurait le filet de sécurité du fédéral.»

«Si cette position change, je peux vous dire que nous allons réagir.»

Brian Gallant répète que son plan, la conversion d’une partie de la taxe sur l’essence en taxe sur le carbone, ne coûtera pas un sou de plus aux consommateurs.

Ce plan, qui a déjà été critiqué publiquement par la ministre fédérale de l’Environnement et du Changement climatique, n’a toutefois pas encore été approuvé par Ottawa.

«Sauf si ça change, nous allons continuer de nous battre pour notre plan parce que c’est celui-là qui va protéger les consommateurs.»

Son principal adversaire dans la campagne, le chef du Parti progressiste-conservateur, promet quant à lui de lutter devant les tribunaux pour empêcher Ottawa de taxer le carbone des provinces.

En cas d’échec, ou d’ici à ce qu’un tribunal se prononce sur la question, Blaine Higgs entend réduire  les taxes et les impôts d’un montant équivalent à l’argent perçu par Ottawa qui a promis de renvoyer ces revenus dans les provinces où ils ont été collectés.

La proposition de Blaine Higgs tient toutefois seulement si le gouvernement fédéral choisit de renvoyer cet argent au gouvernement provincial plutôt que directement aux contribuables néo-brunswickois.