L’Acadie enfin en vedette dans une capsule de la Minute du patrimoine

La Déportation des Acadiens sera racontée dans l’une des nouvelles capsules de la Minute du patrimoine qui sera présentée sur nos écrans en août 2019. Petite conversation avec la gérante du programme, Davida Aronovitch.

Il aura fallu attendre près de 20 ans et la 91e capsule de la Minute du patrimoine pour que l’Acadie retienne l’attention d’Historica Canada, les créateurs de ces petits moments télévisuels à saveur historique.

Mais on nous assure que l’attente en aura valu la peine.

Les créateurs chargés de mener à bien ce projet n’ont pas lésiné sur les moyens pour s’assurer que le produit final sera fidèle à la réalité.

Le tournage aura lieu à Annapolis Royal et à Wolfville, en Nouvelle-Écosse, les 7 et 8 septembre prochains.

Pour Davida Aronovitch, il était essentiel de se retrouver sur le lieu même du Grand dérangement pour assurer l’authenticité de la démarche.

«Non seulement parce que c’est un paysage tellement incroyable, mais aussi parce cette région renferme beaucoup d’histoire. Nous allons notamment tourner dans les jardins de la Maison acadienne à Annapolis. Ce sera bouleversant d’être là, sur les terres où l’histoire s’est déroulée», explique-t-elle.

On a fait appel à des experts pour les costumes et les coiffures pour recréer le plus fidèlement possible cette époque trouble de l’histoire de tout un peuple.

«C’est une partie de l’histoire du Canada très importante. C’est également une histoire méconnue des gens dans certaines régions du pays», indique Mme Aronovitch.

«Nous cherchons toujours à raconter des histoires qui vont mettre en valeur des communautés différentes et celle des Acadiens est une histoire fondatrice de la communauté francophone au Canada.»

Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de consacrer cette minute aux Acadiens?

«C’est une très bonne question», répond la gérante du programme.

«Il faut comprendre premièrement qu’il y a deux chapitres dans l’histoire des Minutes du patrimoine. Il y a celles qui ont été commencées dans les années 1990 – on appelle ça la collection classique – et qui ont pris fin en 2005. Après, il y a eu une pause alors qu’il y avait des changements dans l’organisme. Nous avons relancé les Minutes en 2012», raconte-t-elle.

«Depuis ce temps-là, je peux vous dire que l’histoire des Acadiens a toujours été très haut sur notre liste. C’est une histoire que nous avons toujours voulu représenter dans la collection, mais c’est seulement cette année que nous avons reçu une proposition vraiment exceptionnelle», affirme Davida Aronovitch.

«On a trouvé là-dedans une émotion vraiment touchante. À la base, c’est une histoire qui parle des expériences des gens, des familles qui ont été séparées.»

La chanteuse de Moncton Julie Doiron va participer au projet qui sera réalisé par Tess Girard.

Plusieurs consultants et consultantes du milieu acadien ont apporté leur contribution au scénario, dont l’historien Maurice Basque, le cinéaste Phil Comeau et la directrice générale de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, Marie-Claude Rioux.

«Ces gens-là nous apportent une sensibilité vraiment importante au niveau des faits et au niveau des sensibilités culturelles. On voulait vraiment capter la perspective acadienne», mentionne la gérante du programme.

Tous les acteurs et actrices retenus sont originaires de l’Acadie et sont tous et toutes bilingues.

Nancy Kenny, de Bathurst, tiendra le rôle de la mère, le personnage central de cette Minute du patrimoine.

Le projet final sera disponible sur le site YouTube d’Historica Canada, en plus d’être diffusé sur 64 stations, dans les trains de VIA Rail Canada, dans les avions de WestJet et sur Rogers sur demande.