Débat sans éclat dans Lamèque-Shippagan-Miscou

Les auditeurs qui s’attendaient à une virulente joute verbale entre le libéral et député-ministre sortant Wilfred Roussel et son plus sérieux rival, le progressiste-conservateur Robert Gauvin, ont probablement été fort déçus du premier de quatre débats présentés cette semaine sur les ondes de CKRO-Radio Péninsule.

À part quelques tapettes sur les doigts, les principaux belligérants pour le siège de Lamèque-Shippagan-Miscou se sont concentrés sur le fond en déballant leurs engagements déjà connus de tous.

À ce jeu fade, la palme revient – par défaut, il faut l’avouer – au candidat néo-démocrate Albert Rousselle. Chacune de ses interventions s’attaquait, plutôt mal que bien, au bilan des gouvernements précédents.

Les débats électoraux à CKRO lancent, par tradition, le sprint jusqu’au scrutin dans la Péninsule acadienne. En 2014, Wilfred Roussel en avait profité pour désarçonner Paul Robichaud qui critiquait la pertinence de la Commission des services régionaux, incapable selon le vice-premier ministre du gouvernement Alward de bien gérer le ramassage des poubelles.

Cette fois-ci, pas de déclarations chocs. À peine si M. Roussel s’en est pris aux progressistes-conservateurs dans ses discours, sauf pour dénoncer le passé trouble du chef Blaine Higgs et ses intentions apparentes de briser la dualité linguistique.

«Les citoyens de Lamèque-Shippagan-Miscou auront le choix de voter pour quelqu’un qui est prêt à couper les services francophones et qui a déjà proposé un référendum pour que le Nouveau-Brunswick redevienne une province unilingue anglophone», a-t-il déclaré.

De son côté, Robert Gauvin a laissé tomber ses talents de communicateur et de comédien – ce qui l’aurait probablement bien servi. Il n’en a pas profité pour placer le libéral dans les câbles, sauf pour dire qu’il a fait de la petite politique avec la sécurité du pont de Shippagan.

Le candidat progressiste-conservateur a néanmoins déclaré la phrase la plus percutante de ce débat qui ne passera pas à l’histoire.

«On veut geler ceci, on veut geler cela, on veut geler autre chose. Je pense que Brian Gallant est déjà sur le cannabis», a-t-il lancé, en faisant planer le spectre d’une éventuelle taxe sur le carbone sur le porte-monnaie des citoyens.

Les grands enjeux de la circonscription ont été effleurés malgré la pertinence des questions du journaliste Réjean Hébert et du public. Ainsi, concernant la construction d’un nouveau pont à Shippagan, M. Roussel a rappelé que ça va prendre de 24 à 36 mois pour une étude d’impact environnemental avant le début de la mise en chantier. Là encore, M, Gauvin n’a pas été très combatif dans sa réplique, soutenant que son chef et lui s’engageaient à ériger un nouveau lien routier dans les plus brefs délais, sans plus.

Même chose pour le «trou noir», où les candidats promettent de travailler pour faire plier Ottawa et ramener des critères d’admissibilité plus acceptables pour les travailleurs saisonniers de la région. Quant aux pêches et la vocation post-secondaire de la circonscription, les trois candidats ont parlé de la valeur ajoutée et de l’importance de garder les jeunes diplômés dans la région.

C’est à espérer un combat plus intense, mardi, alors que les candidats dans Caraquet s’opposeront à 17h15.