Frédérick Dion fait volte-face et reste à l’AFMNB

Frédérick Dion apprécie bien la maxime qui veut que seuls les fous ne changent pas d’idées. Surtout cette semaine, après avoir signifié, à la surprise générale, son intention de retourner à la direction générale de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB) moins de trois mois après avoir accepté un poste similaire au village de Petit-Rocher.

«Je l’aime bien, cette maxime; elle me rassure», répond en riant le diplômé en administration publique âgé de 39 ans, longtemps la figure de proue de cette organisation regroupant 50 municipalités francophones et bilingues et représentant plus de 300 000 personnes.

Frédérick Dion revient donc à ses anciennes amours. Non sans un certain malaise, admet-il, mais la passion pour l’affaire municipale provinciale l’a emporté sur celle de gérer les destinés d’une seule municipalité.

«C’est une situation embêtante, je l’admets. Cela n’a pas été facile. Je me sens comme une girouette. J’ai exprimé mon cheminement et ma réflexion au conseil d’administration, en fin de semaine à Shediac. Le travail de directeur général d’un village est passionnant et intéressant, mais ce qui me passionne encore davantage est ce que je fais à l’AFMNB», raconte le spécialiste, qui ajoute d’un même souffle qu’il aura à apprendre à gérer ses horaires afin de mieux concilier le travail et la famille.

«J’ai réalisé très rapidement que le défi est dans ma façon de travailler. Il y a toujours des dossiers urgents, même l’été. Il faut aussi arrêter de penser que la Terre va arrêter de tourner si je ne m’occupe pas d’un sujet. Je dois mieux me discipliner et, pour y arriver, on va revoir l’encadrement de travail à l’association», soutient ce bourreau de travail qui promet de prendre des vacances… de temps en temps.

En juin, il avait accepté le poste de directeur général au village de Petit-Rocher dans un «désir de ralentir, d’être davantage à la maison».

Frédérick Dion a mis les pieds à l’AFMNB en 2004, alors qu’il a accepté de mener une étude sur l’immigration francophone commandée par le directeur général de l’époque, Léopold Chiasson. Quand Lise Ouellette a pris la direction de l’organisation la même année, elle a fait appel à lui pour divers dossiers pendant cinq ans avant qu’il aille compléter sa maîtrise à Montréal. Devenu directeur général adjoint en 2011, le résident de Petit-Rocher a gradué au poste principal quelques mois plus tard.

À la suite de ce revirement de situation, le conseil d’administration de l’AFMNB a convenu de «mettre un terme au processus de sélection au poste de direction générale enclenché il y a quelques semaines et de reconduire le directeur général actuel, Frédérick Dion, dans ses fonctions».

«Compte tenu de ses qualifications, ses nombreuses années d’expérience à l’AFMNB et la satisfaction du conseil d’administration et des municipalités à l’égard de son travail, il a été décidé qu’il était dans le meilleur intérêt de l’organisation de permettre au directeur général actuellement en poste de continuer le travail amorcé», a précisé le président de l’association et maire de Petit-Rocher, Luc Desjardins, par voie de communiqué.

Frédérick Dion figure, année après année, dans la liste des 30 personnalités francophones les plus influentes au Nouveau-Brunswick, selon le classement de l’Acadie Nouvelle.