Bouleversées, plus de 200 personnes marchent contre le suicide

Le suicide demeure un sujet difficile à aborder, mais ô combien important!

La rentrée des classes a été assombrie cette année à l’école Aux quatre vents de Dalhousie. Deux jeunes élèves qui s’apprêtaient à entamer leur dernière année scolaire ont posé le geste ultime de s’enlever la vie.

Deux départs beaucoup trop précipités, deux drames qui ont bouleversé non seulement familles et amis, mais la communauté entière du Restigouche.

«On prend ça un jour à la fois.»

Les blessures sont encore trop vives pour Jefferson Robidoux, nouveau directeur de l’école AQV qui a enseigné dans cet établissement pendant plusieurs années. Trop ému par ces deux tragédies, il préférera ne pas commenter davantage.

C’est dans ce contexte d’extrême tristesse et d’incompréhension que s’est déroulée, lundi en début de soirée, la cinquième marche annuelle de sensibilisation contre le suicide au Restigouche, une marche qui a attiré un nombre record de participants. Cette marche coïncidait avec la Journée mondiale de la prévention du suicide.

«Tout suicide, et particulièrement ceux de jeunes gens, est quelque chose d’extrêmement malheureux. Personne ne veut voir cela se produire et c’est pourquoi on doit en parler. La communication et la sensibilisation, c’est la clé.»

Aide disponible… Guérison possible… Espoir… C’est la base du message qu’avait à livrer Sophie Leblanc, coordonnatrice du Comité de prévention du suicide du Restigouche.

Selon son constat, le suicide ne semble pas avoir pris d’ampleur au Restigouche au cours des dernières années.

«Au point de vue des statistiques, ça ne semble pas avoir augmenté. N’empêche, un suicide en est un de trop. Le suicide touche tout le monde. Il peut frapper n’importe qui, n’importe quand», ajoute-t-elle rapidement.

On estime qu’au monde, une personne met fin à ses jours toutes les 40 secondes. Au Canada, on parle d’une moyenne de 10 suicides et 240 tentatives par jours. Des statistiques qui glacent le sang.

La forte participation de la communauté lundi soir est, pour Mme Leblanc, une belle occasion de diffuser un message d’espoir aux gens qui souffrent en silence.

Car ce qui est important de retenir selon elle, c’est que non seulement il y a de l’aide et des ressources disponibles, mais que tout le monde peut faire sa part pour prévenir le suicide.

«Suffit d’être aux aguets des moindres signes avant-coureurs et de se montrer à l’écoute des gens lorsque l’on sent qu’ils ont besoin d’aide, besoin de parler, de se confier», souligne Mme Leblanc, qui concède par ailleurs que de s’ouvrir ainsi constitue souvent la partie la plus difficile pour ceux qui souffrent intérieurement.

«On constate que plus de gens font appel aux services, mais malheureusement tous ne vont pas toujours chercher cette aide. Ils ne vont pas parler de ce qu’ils ressentent. C’est pour ça qu’il faut rester vigilants», mentionne-t-elle.