Blaine Higgs promet de supprimer 600 postes dans la fonction publique

Les progressistes-conservateurs proposent d’éliminer jusqu’à 600 emplois dans la fonction publique s’ils remportent le pouvoir le 24 septembre.

La mesure fait partie de la plateforme électorale dévoilée par Blaine Higgs et son équipe, mardi à Moncton.

Les bleus proposent d’éliminer ces emplois par attrition dans la fonction publique au rythme de 125 postes par année pendant quatre ans.

Les secteurs de l’éducation et de la santé ne seront pas touchés par cette réduction du personnel et «personne ne va perdre son emploi», peut-on lire dans le programme électoral d’une douzaine de pages.

Des responsables du parti ont d’abord indiqué aux médias, mardi, que l’objectif des progressistes-conservateurs était d’éliminer 2000 postes dans la fonction publique en quatre ans.

Selon le cadre financier du parti, qui a également été présenté mardi, l’élimination de 2000 postes dans la fonction publique pourrait générer des économies de 538,3 millions $ sur quatre ans.

La directrice des relations avec les médias du parti, Nicolle Carlin, a cependant précisé en fin d’après-midi que 2000 fonctionnaires devraient prendre leur retraite au cours des 4 prochaines années, mais que le parti songeait seulement à ne pas remplacer 600 d’entre eux.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs, mardi midi à Moncton. – Acadie Nouvelle: Pascal Raiche-Nogue

En rencontre éditoriale avec l’Acadie Nouvelle, après le dévoilement de sa plateforme, le chef du parti, Blaine Higgs, a indiqué que son opinion n’était pas coulée dans le béton à ce sujet.

«Il n’y a pas de termes absolus. Je ne planifie pas en fonction d’un certain nombre d’emplois à éliminer. Ce n’est pas ça le but», a-t-il dit.

S’il remporte le pouvoir dans deux semaines, le Parti progressiste-conservateur promet de renouer avec l’équilibre budgétaire dès la deuxième année de son mandat.

«Grâce à notre plateforme, nous allons équilibrer le budget en deux ans sans augmenter les impôts et sans faire perdre leur emploi aux Néo-Brunswickois», a déclaré Blaine Higgs.

Par la suite, le parti s’engage à rembourser au moins 125 millions $ sur la dette annuellement.

M. Higgs et son équipe s’engagent aussi à «baisser le coût de propriété d’une voiture» en éliminant la plaque d’immatriculation à l’avant des véhicules et en reportant aux deux ans le renouvellement de l’immatriculation.

Le parti souhaite également mener une étude sur les répercussions du glyphosate sur la santé des humains et de la faune.

Le programme électoral du Parti progressiste-conservateur contient aussi de nouveaux engagements en matière d’éducation.

Le parti veut notamment  «faire en sorte que les décisions soient prises par les enseignants dans les salles de classes, et non par des politiciens à Fredericton».

Les progressistes-conservateurs souhaitent aussi mettre fin aux études de viabilité automatiques aux 5 ans pour les écoles de la maternelle à la cinquième année qui sont peu fréquentées.

En santé, le parti veut faire plus de place aux pharmaciens et aux infirmières praticiennes en plus de recruter davantage d’infirmières et de médecins spécialistes.

Ils souhaitent aussi remplacer graduellement le système des numéros de pratique des médecins «afin d’éliminer les restrictions quant au nombre de médecins» dans la province.

Blaine Higgs promet toutefois de trouver un moyen de garder les médecins en région malgré la disparition des numéros de pratique.

En ce qui concerne les services ambulanciers, les progressistes-conservateurs promettent d’embaucher les travailleurs paramédicaux selon leurs «compétences» et de leur donner de la formation linguistique par la suite pour éviter que des ambulances soient «retirées des routes en raison de problèmes (…) liés à la langue.»

Le parti s’engage à «examiner attentivement» la réforme du Programme extra-mural dans les six mois après les élections en vue d’annuler le contrat avec le groupe Medavie si l’entente n’offre pas «des services de santé de meilleure qualité».

En matière de commerce intérieur, les progressistes-conservateurs entendent «réduire» ou «éliminer» les obstacles au libre-échange entre les provinces tout en protégeant les entreprises et les travailleurs du Nouveau-Brunswick «qui sont victimes de pratiques commerciales déloyales» de la part des autres juridictions.

Le parti veut également faciliter la vie aux députés qui ont des familles en adoptant un horaire de travail mieux adapté et plus prévisible à l’Assemblée législative en plus d’éviter «autant que possible» les séances en soirée.

Les libéraux accusent Blaine Higgs d’avoir eu un «plan secret»

Les libéraux ont tenté de faire une jambette à Blaine Higgs, mardi matin, peu avant le dévoilement de son programme électoral.

Dans un communiqué de presse, le Parti libéral l’a accusé d’avoir mis au point un «plan secret» pour faire des compressions majeures en éducation alors qu’il était le ministre des Finances, en 2013.

Ils s’appuient sur une évaluation commandée à Ernst & Young par le gouvernement provincial, qui n’avait pas encore été rendue publique.

Dans le document, distribué mardi par les libéraux, la firme comptable explique qu’elle a identifié des «opportunités» permettant de faire des économies de dizaines de millions $ par année.

Elle suggère par exemple d’«optimiser» les postes d’enseignants en réduisant leur nombre de 545, de couper l’équivalent de 85 postes de bibliothécaires et de 259 postes d’aides-enseignants. Elle évoque aussi la possibilité de fermer jusqu’à 79 écoles.

Blaine Higgs a rejeté du revers de la main cette accusation, mardi midi à Moncton.

«C’était un rapport que nous avons choisi de ne pas adopter. Nous avons choisi de ne pas aller de l’avant. Je veux être clair: je n’ai pas fait ces coupes quand j’étais ministre au gouvernement et je ne les ferai pas maintenant», a-t-il dit.

Avec une fougue que l’on voit rarement chez lui, il s’est défendu et a même accusé les libéraux de mentir.

«(Les libéraux) veulent vous faire croire que je vais couper des écoles, des hôpitaux et des services et rien de cela est vrai.»

– Avec la collaboration du journaliste Pascal Raiche-Nogue