Finances: le maire de Tracadie sonne l’alarme

Le conseil municipal de Tracadie aura de grandes décisions à prendre au cours des prochains mois. Selon le maire Denis Losier, la situation financière de la municipalité est plus critique que jamais.

Dès le début de la réunion du conseil municipal lundi soir, Denis Losier a profité de son rapport pour sonner l’alarme à plusieurs reprises. Les enjeux sont considérables, affirme-t-il.

«Il faut faire attention à nos finances si on ne veut pas faire faillite.»

Dans quelques mois, les membres du conseil municipal devront approuver un budget pour l’année 2019.

«Nous faisons face à un éventail de défis», souligne le maire Losier.

Dès janvier 2019, Tracadie devra commencer à rembourser le déficit de 439 000$ encaissé en 2017.

La municipalité doit également envisager une augmentation du salaire des employés municipaux, ainsi qu’une hausse des frais payés annuellement à la GRC et à la Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne. La facture pourrait s’élever à près de 400 000$.

«Où va-t-on prendre cet argent?»

L’infrastructure municipale pourrait aussi être touchée par cette situation. Le réseau d’égout serait en très mauvais état.

«Il y a des endroits où la caméra ne passe même pas dans le système pour voir l’intérieur des canalisations. Ça démontre l’état pitoyable de notre système. Nos infrastructures sont en mauvais état.»

Des réparations importantes doivent être apportées aux trottoirs et à l’aréna. La municipalité doit aussi acheter du nouvel équipement de déneigement.

«On a mis 114 000$ l’an dernier sur nos déneigeuses pour ouvrir le chemin. Même si on commande du nouvel équipement demain, on va seulement les recevoir en mars ou en avril. C’est la réalité de Tracadie. La rue Principale est patchée depuis 10 ans.»

Bien que la situation soit critique, le maire Losier entend s’opposer à toute proposition de hausse du taux de taxation.

«Étant donné que nous sommes en situation de déficit, les gens ont peur que nous procédons à une hausse de taxes. Une grande proportion de la population vit avec de faibles revenus et ne peut pas subir une hausse significative de taxes. Il est impossible de faire la sourde oreille. Je vais m’opposer aux hausses de taxes tant et aussi longtemps que nous ne serons pas capables de remettre nos finances en ordre.»

Sans remettre en question la nécessité de remettre de l’ordre dans les finances publiques, la conseillère Ginette Brideau-Kervin s’est dite déçue d’un certain manque de transparence au sein du département d’administration et de finances de la municipalité.

Selon Mme Brideau-Kervin, le dernier dépôt de rapport financier remonte au printemps 2018 et la dernière rencontre du comité priorité et finances a eu lieu en novembre 2017.

«Ce n’est pas facile de gérer les finances de la municipalité, mais on n’a pas de rapports financiers la moitié du temps.»

Il y a un an, la municipalité a décidé de se tourner vers une firme comptable indépendante pour redresser sa situation financière. En date du mois de juillet, les frais payés à la firme s’élevaient à environ 410 000$.

«Je ne doute pas du travail qu’ils (les employés de la firme) ont fait avec notre directeur général, mais le montant de 410 000$ qui a été payé… le conseil n’était pas au courant. Si je n’avais pas posé la question, je ne le saurais toujours pas aujourd’hui. Je trouve ça difficile.»