Gallant fait les yeux doux aux jeunes familles

Brian Gallant promet d’élargir l’accès aux services de garderie gratuits et subventionnés ainsi que de bonifier les programmes déjà existants s’il est reporté au pouvoir le 24 septembre.

De passage à Saint-Jean, mardi, le chef libéral s’est engagé à étendre les services de garderies gratuits qui existent présentement à Saint-Jean et à Edmundston à la grandeur du Nouveau-Brunswick pour les familles dont le revenu annuel est inférieur à 37 500$.

Il a aussi promis d’améliorer le programme de subventions qui vient en aide aux familles qui gagnent plus d’argent.

En ce moment, ce programme prévoit que les familles ne déboursent pas plus de 20% de leurs revenus bruts pour les frais reliés aux services de garderie. Les libéraux s’engagent à abaisser ce plafond à 15%.

«Nous créerons plus de possibilités économiques en investissant dans la gratuité des services de garderie et des droits de scolarité pour les familles qui ont le plus besoin de soutien et en offrant des subventions pour aider la classe moyenne avec les frais de services de garderie et les droits de scolarité», indique le chef Brian Gallant par voie de communiqué.

Rappelons que cette promesse vient s’ajouter à l’engagement pris par les libéraux en 2014 qui prévoit une augmentation du nombre de places en garderie à 30 000 d’ici 2020.

«Les services de garderie et les subventions pour ces mêmes services permettront aux parents de poursuivre leurs études ou d’accéder au milieu du travail», poursuit le chef libéral.

Une promesse applaudie

La directrice générale de l’Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick voit évidemment d’un très bon oeil cet engagement.

«C’est certain que des services universels, abordables, accessibles et de grande qualité, c’est ce que les parents souhaitent. C’est sûr que plus on va élargir ça à tous, mieux ce sera pour les parents», explique Chantal Varin.

Elle souligne toutefois que les libéraux devront préciser leur engagement avant qu’elle porte un jugement définitif.

«Je pense que tout le monde en a besoin. Je ne pense pas qu’on parle de la classe moyenne quand on parle de 37 500$ par année. On est vraiment dans la pauvreté», affirme  la directrice générale.

«On parle aussi d’une subvention à la classe moyenne, mais il faudra voir l’échelle salariale de cette fameuse classe moyenne. Dans la première annonce du plafond du 20%, il y a un certain nombre de familles qui ne pouvaient pas bénéficier de cette mesure. Et pourtant, la pinte de lait, elle augmente quand même au mois de janvier», fait-elle remarquer.

Selon l’Association, de nombreuses familles attendent depuis longtemps une mesure comme celle-là.

«On sait qu’il y a des familles au Nouveau-Brunswick qui auraient souhaité avoir plus d’enfants, mais le prix des services de garderie a eu un impact sur leur décision d’en avoir un de plus ou non. C’est quand même triste de penser qu’on arrête de faire des enfants parce qu’on n’a pas les moyens de payer les services de garderie.»

Chantal Varin cite l’exemple de la province voisine.

«On l’a vu au Québec. Quand ils ont instauré la politique des garderies à 5$ par jour (aujourd’hui à 7$), il y a beaucoup d’enfants qui ont vu le jour dans les années qui ont suivi.

On sait que ça a un impact direct sur la décision des familles.»

Il faudra également mettre de l’ordre dans les listes d’attente pour avoir un portrait réaliste de la situation, prévient-elle.

Le registre annoncé par le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance en janvier permettra, selon elle, de savoir exactement si le chiffre de 30 000 places en garderies visé par les libéraux est réaliste ou non.

Il permettra aussi de déterminer dans quelles régions les besoins de garderies sont les plus pressants.

On évitera du même coup, indique Chantal Varin, de faire mourir des garderies déjà existantes avec la création d’un autre établissement à proximité.