Blaine Higgs ouvre la porte au retour de la malbouffe dans les écoles

Blaine Higgs promet de ne pas empêcher les écoles d’offrir du lait au chocolat et d’organiser des ventes de pâtisserie. Il ouvre même la porte au retour de la malbouffe dans les établissements scolaires de la province.

Le chef du Parti progressiste-conservateur a affirmé mercredi avant-midi qu’il souhaite éliminer les mesures prises sous le gouvernement de Brian Gallant dans le cadre de la politique 711 sur l’alimentation saine dans les écoles.

Selon lui, «ce n’est pas le rôle du gouvernement de dire aux parents comment nourrir leurs enfants».

Il s’est attaqué aux changements apportés en juin afin d’interdire les ventes de pâtisseries ainsi que le lait aromatisé – comme le lait au chocolat – dans les cafétérias et dans les machines distributrices.

Blaine Higgs est cependant allé plus loin et s’est dit ouvert à permettre aux écoles d’offrir des frites et de la malbouffe en général. Il affirme que l’«on ne devrait pas avoir besoin de réglementation sur des décisions qui relèvent du gros bon sens».

«Je ne pense pas qu’elles (les écoles) le feront (offrir de la malbouffe). Je pense que la majorité est d’accord pour dire que ce n’est pas dans l’intérêt de nos enfants. Mais donnons-leur le choix», a-t-il mentionné.

Il a ajouté que son parti veut lutter contre l’obésité en encourageant les écoles à adopter des programmes mettant en valeur l’activité physique.

Une promesse qui ne fait pas l’unanimité

Claire Johnson, membre de Diététistes en mission et professeure en Gestion des services de santé à l’Université de Moncton, croit que l’histoire démontre qu’une trop grande liberté dans les cafétérias ne fonctionne pas au Nouveau-Brunswick.

«Étant donné les taux d’obésité dans la province, quand on demande: “les écoles peuvent-elles continuer à faire ce qu’elles font?”, on peut conclure qu’une intervention s’impose.»

Les partisans de la politique 711 reconnaissent que des boissons comme le lait au chocolat peuvent être bénéfiques dans un contexte sportif, mais ils sont de l’avis que les inconvénients dépassent les avantages dans le quotidien scolaire.

«Après un 10 km de course, c’est une histoire, mais assis à la cafétéria à l’école, c’en est une autre», affirme Mme Johnson.

Quant aux ventes de pâtisseries, la professeure à l’Université de Moncton rappelle qu’il y a beaucoup d’autres options afin de collecter des fonds.

«L’argument qu’on a besoin de vendre de la malbouffe pour aller chercher des sous pour financer des programmes à l’école, on ne le trouve pas acceptable. On peut vendre de la nourriture saine, ou vendre autre chose que de la nourriture.»

«Ou alors, on peut s’assurer que le financement dans nos écoles est là et qu’il vient des fonds publics comme il est supposé», ajoute-t-elle.

L’interdiction des ventes de pâtisseries a suscité de l’opposition cet été au Nouveau-Brunswick.

Heather MacDonald, qui fait partie d’une association de soutien aux écoles de Moncton, a affirmé à La Presse canadienne le mois dernier que des activités de collecte de fonds – y compris une foire d’automne – ont été reportées après les élections en raison de la politique 711.

Selon elle, les tartes maison et les confitures sont importantes pour aider les enseignants à avoir l’équipement dont ils ont besoin.

«Ce sont les choses les plus profitables.»

Dans un communiqué publié le week-end dernier, la Société médicale du Nouveau-Brunswick affirme que 70% des adultes de la province sont obèses ou font du surpoids.

Bilinguisme: s’inspirer… des Finlandais

Blaine Higgs veut faire passer de 10% à 90% le nombre de diplômés bilingues dans les écoles anglophones du Nouveau-Brunswick. Il compte atteindre cet objectif en accordant plus de liberté aux enseignants et en éliminant leurs barrières administratives.

Il a aussi affirmé qu’il souhaite s’inspirer d’autres systèmes scolaires, comme celui de la Finlande, où les élèves apprennent plusieurs langues.

«Nous n’avons pas besoin de réinventer la roue, regardons où il y a du succès. Ne passons pas deux ou trois autres années à y penser. Nous y pensons depuis longtemps, et les résultats prouvent que nous n’avons pas de succès. Regardons les meilleures pratiques, et impliquons les enseignants dans le processus.»

«Que font-ils (les Finlandais) afin de permettre à leurs enfants de parler trois ou quatre langues quand ils obtiennent leur diplôme? Je ne sais pas, mais ils le font.»

M. Higgs s’est engagé à mettre en vigueur une loi sur la liberté des enseignants qui permettrait aux directeurs d’écoles et aux enseignants à prendre plus de décisions sur l’éducation dans leur communauté.