Chasses à l’as: des règles très strictes à respecter

Ne fait pas ce qu’il veut avec les profits d’une chasse à l’as. Aux organisations tentées d’imiter les projets À l’ombre de nos clochers de Lamèque ou encore le Comité du pont d’Inkerman, elles doivent respecter des règles très strictes. Sinon, attention aux foudres du ministère de la Justice.

Et ça peut faire très mal: un ou des contrevenants aux règles de la Société des loteries et des jeux du Nouveau-Brunswick, l’organisme qui émet les permis d’exploitation de ce type de campagne de financement, est passible d’une amende pouvant atteindre… le demi-million $.

La chasse à l’as de coeur de Lamèque a attiré les foules quand le gros lot a atteint plusieurs centaines de milliers de dollars. Lorsque la fameuse carte a été pigée en juin 2017, les gagnants – un groupe de trois employés du Réseau de santé Vitalité – se sont partagés la somme de 3,9 millions $.

Maintenant, le Comité du pont d’Inkerman vit cette frénésie. La cagnotte a plus que doublé en un mois et elle atteindra près de 900 000$ jeudi soir. Mardi, un client a notamment acquis, pour un groupe, 345 paquets à 20$. Mercredi soir, les ventes de la semaine avaient dépassé 210 000$.

Lloyd LeBlanc, trésorier du comité, affirme que la province surveille de très près ce qui se passe actuellement à Inkerman. Un inspecteur vient régulièrement faire son tour pour s’assurer que tout se déroule selon les règles. Il est présent aux tirages du jeudi soir depuis que le gros lot a dépassé 150 000$.

«On ne peut rien cacher. À ceux qui croient qu’on s’en met dans les poches, qu’ils viennent vérifier nos livres. Que quelqu’un qui veut nous accuser vienne me le dire en face», soutient ce bénévole qui dit avoir apprécié les conseils donnés par le comité lamèquois.

À plusieurs endroits dans le Nord-Est, des groupes ont lancé leurs propres chasses à la carte chanceuse. Par exemple, le Comité de sauvegarde de l’église de Bas-Caraquet – malgré l’incendie qui a détruit ce lieu de culte centenaire en juin – et la Communauté chrétienne Saint-Simon et Saint-Jude de Grande-Anse utilisent cette stratégie afin de trouver l’argent nécessaire à la rénovation de l’église locale.

À Grande-Anse, le gros lot vient de dépasser 120 000$, alors qu’il atteint 25 000$ à Bas-Caraquet.

La loi stipule qu’une organisation sans but lucratif, une oeuvre de charité ou un organisme religieux peut mettre sur pied et exploiter une loterie dans la province si le produit de la loterie est utilisé à des fins charitables ou religieuses.

Mais ce n’est pas tout. Dans les 30 jours suivant l’expiration de la licence, un organisme doit présenter un rapport financier précisant les dépenses associées à la loterie, les prix qui ont été remis et les recettes qui en ont découlé.

«Nous pouvons confirmer qu’un rapport a bel et bien été remis dans les délais prescrits», a informé Alexandra Davis, du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, concernant le concours à Lamèque.

La loi informe également que ces activités de financement peuvent faire l’objet de vérification de la part de la Direction de la réglementation des jeux.

Quand on parle de profits énormes, on parle aussi de transparence. À Lamèque, la chasse a rapporté des revenus totaux de 12 millions $. La moitié a été donnée en prix alors que l’autre a servi à divers projets communautaires dans la paroisse Saint-Pierre.

À Inkerman, l’argent recueilli ira au projet de reconstruction du pont incendié en octobre.