Le long périple d’un criminel à travers le pays s’arrête à Edmundston

Les aventures rocambolesques de Tomy Loranger dans plusieurs régions du Canada ont connu un dénouement dans une salle de la Cour provinciale, à Edmundston.

L’individu, qui est âgé de 26 ans, a été condamné mercredi par la juge Brigitte Volpé à purger  une peine d’emprisonnement d’une durée de 45 mois après avoir admis sa culpabilité à une pléiade d’accusations portées à son endroit.

Le Québécois d’origine faisait face à pas moins de 25 chefs d’accusation, allant d’introductions par effraction, à fraudes, au non-respect de condition de probation, possession de drogue et d’objets volés, de trafic de bijoux, de vol de véhicule et d’utilisations frauduleuses de cartes de crédit et de débit.

Le jeune homme avait déjà eu maille à partir avec la justice, ayant entre autres été déjà reconnu coupable de conduite avec facultés affaiblies, d’entraves au travail des policiers et de voie de fait.

La Couronne, représentée par Me Pierre Roussel, a longuement détaillé au tribunal la liste des délits commis par l’accusé qui a plus récemment sévi entre juin et octobre 2017 au Québec, en Ontario et même à Grand-Sault et Saint-Léonard, au Nouveau-Brunswick.

Le modus operandi de Tomy Loranger était passablement toujours le même, selon ce qui a été raconté en Cour. L’individu s’introduisait dans des résidences et dérobait les objets de valeur ainsi que les cartes de crédit et de débit qui pouvaient s’y trouver.

Il faisait par la suite la tournée des commerces afin d’effectuer des achats avec les cartes précédemment dérobées. Ses tournées, comme celles effectuées le 26 septembre 2017 à Saint-Léonard et le lendemain à Grand-Sault, étaient habituellement agrémentées de petits lunchs économiques pris dans les chaînes de restauration rapide du coin.

«Grâce au réseau Facebook, il a fait la connaissance d’une personne à Grand-Sault, c’est ce qui l’a amené dans la région», a confié une source policière.

Partout où il passait, Tomy Loranger a toutefois eu la maladresse de laisser des traces d’empreintes digitales et de figurer bien en évidence sur des enregistrements vidéos tirés de caméras de surveillance.

Les policiers n’ont ainsi pas eu trop de difficultés à l’identifier et à lui mettre la main au collet.

Notons toutefois que les crimes commis par ce dernier auront nécessité le travail de policiers provenant de la Force policière de Grand-Sault, de la Sûreté du Québec, de la GRC, de la Police provinciale de l’Ontario, du Service de police de Hamilton et du Service de police de Port Hope, rien de moins!

Une enfance difficile et une cyberdépendance évidente l’auraient mené à agir de la sorte ont expliqué le procureur de la Couronne et l’avocat de la défense, Me Shawn Beaulieu.

«Durant quatre mois il est parti sur une dérape», a expliqué Me Pierre Roussel, tout en qualifiant des introductions par effraction de crimes très graves.

Celui-ci a néanmoins témoigné du fait que Tomy Loranger avait une grande capacité de réadaptation dans la société.

Il a aussi souligné le fait que l’accusé a décidé d’être jugé à un seul endroit, soit à Edmundston, pour des crimes commis du Nouveau-Brunswick jusqu’en Alberta. Cela représente une économie de temps et d’argent importante pour le système.

Lors de sa comparution devant la juge Volpé pour l’imposition de sa peine, Tomy Loranger a tenu à remettre une lettre manuscrite à la magistrate.

Celle-ci a qualifié la lettre d’œuvre littéraire, avant de se rendre aux arguments de la défense et de la Couronne et de lui imposer une peine d’incarcération de 45 mois.

Puisqu’il est détenu depuis le 23 octobre 2017, il ne reste plus que 29 mois à purger derrière les barreaux pour l’individu qui a longuement salué le travail de la juge et des avocats présents au tribunal et qui les a remercié avant de reprendre le chemin du Centre régional correctionnel de Madawaska, à Saint-Hilaire.