Santé: le Restigouche-Ouest lance un avertissement au prochain gouvernement

La population du Restigouche-Ouest est descendue dans la rue afin de démontrer son inquiétude et son mécontentement face à la situation des soins de santé sur son territoire. Il s’agissait toutefois d’un avertissement clair pour le prochain gouvernement élu: la patience a atteint ses limites.

Ce n’est pas d’hier que l’on dénonce les compressions de programmes en santé ainsi que les problèmes découlant du service ambulancier dans le Restigouche-Ouest.

La dernière crainte en liste: la possibilité de voir l’urgence de l’hôpital fermer bientôt durant la nuit.

«C’est une autre menace qui plane sur nos têtes», clame Joanne Fortin, présidente du Comité permanent de la santé de Saint-Quentin (CPSSQ).

«Nous sommes une région isolée, industrielle, et on arrive à peine à avoir une ambulance. Est-ce que ça a du bon sens de vouloir fermer notre urgence? On ne choisit pas le moment pour faire un accident ou un infarctus. Ça prend une urgence 24h/24», ajoute-t-elle.

Simple rumeur ou possibilité réelle? Il en faut peu pour semer l’inquiétude au sein de la population du Restigouche-Ouest en matière de santé. C’est que depuis les vingt dernières années, l’hôpital a davantage perdu que gagné, côté programmes, services et personnel.

En se mobilisant de la sorte mercredi, la population de cette partie de la province tenait à profiter de l’actuelle campagne électorale pour rappeler aux différents candidats et formations politiques que la santé est un enjeu capital dans cette partie de la circonscription, et un enjeu sur lequel elle demeurera inflexible au cours des quatre prochaines années.

«Le gouvernement a pris un engagement de ne pas fermer ou transformer en centres de santé communautaires les petits hôpitaux ruraux. Mais qu’en est-il des services? C’est bien beau avoir une bâtisse ouverte, mais il faut plus que quatre murs pour que ça fonctionne. Ça prend des gens et des services», ajoute la porte-parole.

Fin des coupures de programmes à l’hôpital de Saint-Quentin, retour de ceux perdus au cours des dernières, amélioration des services ambulanciers… Voilà en gros ce qu’exigent les gens du Restigouche-Ouest. Le CPSSQ va même un peu plus loin. Il veut que la communauté ait son mot à dire dans la gestion de son hôpital.

«En ce moment, toutes les décisions sont prises ailleurs et pas toujours dans notre intérêt, mais plutôt celui des hôpitaux régionaux. On s’acharne à centraliser les soins dans les plus grands centres et nous, les milieux ruraux, on ne sert qu’à gonfler leurs chiffres. On veut plus d’autonomie et on ne va pas lâcher le morceau. Si le gouvernement et (le Réseau de santé) Vitalité pensent qu’on est tannants, ils n’ont rien vu encore», prévient-elle.

Le CPSSQ a profité de la mobilisation citoyenne pour ralentir durant une partie de la journée le trafic sur la route 17 et demander l’appui des automobilistes à la cause par le biais d’une pétition.

Lors de la manifestation, ses organisateurs ont fait circuler une pétition demandant le maintien des services de santé actuels à l’hôpital Hôtel-Dieu-Saint-Joseph et le retour de ceux perdus au cours des dernières années. – Acadie Nouvelle Jean-François Boisvert

Bénévole durant la journée, Paul Aubut aidait à recueillir les signatures.

«Il y a un automobiliste qui provenait d’une autre région qui m’a dit: pourquoi est-ce que je signerais ça, je ne viens pas d’ici, ça ne me concerne pas? Je lui ai simplement répondu qu’il se trouvait ici aujourd’hui et en pleine santé, mais qu’en cas d’accident, il aurait été très content de pouvoir compter sur des soins à notre hôpital, avec nos ambulanciers. Je crois qu’il a compris l’importance de notre combat, car il a signé», raconte-t-il.

À l’écoute

Les revendications de la population ont trouvé écho auprès du candidat local pour le Parti vert, Charles Thériault.

«C’est exactement ce que l’on propose, permettre aux hôpitaux de retrouver une certaine autonomie, une capacité de gestion afin de pouvoir mieux répondre aux besoins de leur communauté. On veut leur permettre de retrouver certains services qui ont disparu», indique le candidat, rappelant que son parti s’oppose à deux grandes tendances, soit la centralisation des services et la privatisation.

Ancien maire de Saint-Quentin et candidat conservateur, David Moreau s’est aussi pointé à la manifestation. Dans les faits, l’amélioration des soins de santé et la réduction de temps d’attente figurent en tête de liste de sa plate-forme électorale.

«Je vis ici, alors c’est certain que la question des soins de santé me tient à cœur. On a perdu beaucoup de services avec les années. On doit renverser la vapeur», affirme-t-il.