Un gouvernement libéral imposerait l’équité salariale au secteur privé d’ici 2022

Un gouvernement libéral imposerait l’équité salariale aux gouvernements locaux et aux organismes parapublics d’ici 2020, ainsi qu’aux grandes entreprises du secteur privé d’ici 2022.

Selon cette proposition dévoilée mercredi à Moncton, les villes, les villages et les organismes parapublics comme les universités et les foyers de soins devront se conformer à la nouvelle loi d’ici 2020, alors que les grandes entreprises qui comptent au moins 50 employés et employées devront appliquer l’équité salariale d’ici 2022.

Rappelons que le Nouveau-Brunswick a adopté la Loi sur l’équité salariale en 2009 pour les fonctionnaires gouvernementaux, les écoles, les hôpitaux et les employés des sociétés de la couronne.

Une loi modifiée pourrait suivre le même processus que la loi originale en mettant de l’avant deux mesures.

La première inciterait les employés et les employeurs à conclure un accord sur les critères et le processus dans les 12 mois de l’entrée en vigueur de la loi.

La seconde stipulerait que les employés et les employeurs mettraient en oeuvre le processus et détermineraient les mesures de mise en place de l’équité salariale dans les 24 mois de l’entrée en vigueur de la loi.

«Avec l’égalité salariale mise en oeuvre à travers l’ensemble du gouvernement d’ici la fin de 2018, nous passerons à l’étape suivante et nous imposerons aux grandes entreprises, aux gouvernements locaux et aux organismes parapublics l’adoption de l’équité salariale afin d’être en mesure de créer une économie plus équitable», mentionne le chef libéral Brian Gallant.

L’équité salariale est le principe selon lequel les personnes qui exercent des emplois à majorité féminine devraient recevoir le même salaire que les travailleurs d’une industrie typiquement masculine qui requiert une formation ou des compétences équivalentes.

«Notre gouvernement reconnait l’impact sur l’économie et sur la société de l’équité salariale des femmes. Même s’il reste encore beaucoup à faire, notre gouvernement libéral a investi au cours des quatre dernières années pour faire avancer l’égalité des femmes de façon significative», ajoute-t-il.

En 2014, le Parti libéral avait promis d’exiger un plan d’équité salariale pour toutes les entreprises de plus de 50 employés qui font des affaires avec la province ou qui souhaitent obtenir des subventions. Le gouvernement n’a pas respecté cet engagement.

La Coalition pour l’équité salariale applaudit tout de même la nouvelle promesse des libéraux.

«Ça fait plus de 30 ans qu’on milite pour l’équité salariale au Nouveau-Brunswick et nous accueillons favorablement les arguments forts présentés par le chef du Parti libéral en faveur d’une loi», avance Frances LeBlanc, présidente de la Coalition.

«On sent un vent de changement maintenant que trois partis provinciaux appuient une loi pour le secteur privé. On continuera nos revendications jusqu’à ce que le droit à l’équité salariale soit respecté dans l’ensemble de la province», ajoute-t-elle.

La Coalition s’est par ailleurs dite déçue par l’absence de mesures d’équité salariale dans le programme du Parti progressiste-conservateur.

On ajoute qu’une telle loi est nécessaire dans le secteur privé pour assurer que tous les citoyens et citoyennes profitent des mêmes protections que celles garanties par la Loi de 2009 sur l’équité salariale pour le secteur public.

«Nous sommes déçues qu’un parti politique majeur du Nouveau-Brunswick ne s’engage pas à prendre des mesures pour faire atteindre l’équité salariale», indique Frances LeBlanc.

«L’équité salariale est un droit de la personne. Les femmes et les hommes qui travaillent dans des domaines à prédominance féminine méritent d’être payés de façon juste et équitable. Il est temps de reconnaître la valeur de leur travail», ajoute-t-elle.

Le chef conservateur, Blaine Higgs, n’était pas disponible pour commenter l’engagement des libéraux puisqu’il était en pleine préparation pour le débat de mercredi soir.