Alimentation dans les écoles: un dossier qui «embête un peu»

La politique alimentaire du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a été le sujet de discussion lors de la toute première réunion publique régulière du Conseil d’éducation du District scolaire francophone du Nord-Ouest (DSFNO) de l’année scolaire 2018-2019.

Des représentantes du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance et de la Santé publique ont participé à cette rencontre pour expliquer les tenants et aboutissants de la politique gouvernementale 711.

La politique, qui vise à créer un environnement scolaire favorable à une alimentation plus saine dans les écoles publiques de la province, semble faire l’objet de bon nombre de préoccupations au sein des intervenants du milieu de l’éducation, des parents et des élèves eux-mêmes.

«Ce n’est pas une nouvelle politique, mais il y a eu une révision majeure et de nouveaux éléments qui sont entrés en vigueur à la fin de la dernière année scolaire. Tout cela nous a forcés à regarder son contenu, nous avons constaté que beaucoup de choses sont restées sans réponse», explique Luc Caron, le directeur général du DSFNO.

L’annonce en juin dernier de la fin de la distribution de lait au chocolat et de jus de fruits dans les écoles avait fait grand bruit et avait eu des échos, des cafétérias jusqu’aux maisons familiales en passant par les salles de classe.

«C’est un dossier qui est très particulier, qui est rendu politique et qui nous embête un peu», a confié Luc Caron.

Ce dernier se veut toutefois rassurant en affirmant qu’il n’y a pas de changements majeurs dans les pratiques habituelles en matière d’alimentation dans les écoles du district scolaire.

«C’est une année transitoire, on va continuer un peu comme avant pour se donner le temps de s’approprier le contenu de cette nouvelle politique-là», a précisé le directeur général du DSFNO.

Luc Caron est loin de vouloir faire le procès des directives principales du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance touchant l’alimentation.

«L’essence de cette politique est très bonne, car on ne figure pas trop bien à l’échelle canadienne alors que nos jeunes au Nouveau-Brunswick ont le taux d’obésité le plus élevé au pays».

«Oui ce sont des changements qui font réagir, mais nous sommes en milieu éducatif et ne pouvons pas fermer les yeux sur cette problématique. Il y a de l’éducation à faire au sujet de l’alimentation, comme la question d’avoir une boîte à lunch plus saine sans que son coût n’augmente de façon radicale», a-t-il ajouté.

Ce débat relatif aux repas et collations dans le secteur de l’éducation est loin de se limiter qu’aux simples verres de lait au chocolat, sacs de croustilles, légumes et autres victuailles.

Certains parents et enseignants estiment ainsi que ces nouvelles directives alimentaires vont nuire à certaines activités parascolaires qui se déroulent grâce aux profits provenant de la vente de biscuits ou la tenue de repas BBQ.

«Il y a eu beaucoup de gens qui ont assisté à cette réunion publique, des parents, des représentants de cafétérias scolaires qui ont eu la chance d’intervenir, de poser des questions et de partager leurs inquiétudes», a indiqué Luc Caron.

Au ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, l’on est bien conscient que plusieurs questions et préoccupations ont été soulevées au sujet de la mise en œuvre de la nouvelle politique 711.

«L’esprit de la politique n’est pas d’éradiquer les rares occasions spéciales où les élèves apportent de la nourriture de la maison pour partager avec leurs amis, ou lorsque des activités spéciales sont prévues avec les parents pour célébrer des événements importants et des fêtes», a expliqué le sous-ministre Gérald Richard dans un mémo envoyé à la rentrée scolaire.

«Il est toutefois important de noter que la collaboration avec les parents et les comités parentaux d’appui à l’école est essentielle pour favoriser un environnement alimentaire scolaire plus sain et trouver, au fil du temps, des moyens novateurs et plus sains de célébrer et d’engager les élèves».