Faut-il éliminer la plaque à l’avant des véhicules?

Blaine Higgs promet de «baisser le coût de propriété d’une voiture» en éliminant la plaque d’immatriculation à l’avant des véhicules s’il est porté au pouvoir. Les avantages économiques d’une telle mesure dépassent-ils les risques à la sécurité?

Le Nouveau-Brunswick exige que chaque véhicule ait deux plaques d’immatriculation: une en avant et l’autre en arrière. D’autres provinces, dont le Québec et le reste des Provinces atlantiques, en demandent seulement une, soit celle à l’arrière.

Le chef du Parti progressiste-conservateur souhaite éliminer les plaques à l’avant, ce qui éliminerait une dépense de 50$ aux propriétaires de véhicules.

La question se pose: étant donné que plusieurs provinces ont abandonné la plaque à l’avant, est-elle vraiment nécessaire ?

Les principaux arguments pour les plaques d’immatriculation concernent la sécurité. Une deuxième plaque augmente les chances qu’un témoin ou un policier identifie correctement un véhicule dans le cas d’un crime.

Doug Demulo, analyste et auteur chez Autotrader, souligne que plusieurs scénarios existent dans lesquels la plaque d’immatriculation à l’avant d’une voiture joue un rôle important dans une enquête policière.

«On peut imaginer des douzaines de situations. Imaginons le vol dans un magasin où un véhicule se stationne, les occupants commettent leur crime, et la voiture part en reculant. Imaginons un délit de fuite où une caméra pointe dans un sens unique. Imaginons une situation où les policiers connaissent quel véhicule conduit un suspect et le voit sur la caméra d’un poste d’essence, mais il est dans un angle qui ne permet pas de voir l’arrière.»

De l’autre côté de la médaille, les opposants des plaques d’immatriculation à l’avant des véhicules affirment qu’elles sont coûteuses et inesthétiques.

M. Higgs lui-même a justifié sa promesse en affirmant qu’elle réduirait les coûts aux conducteurs du Nouveau-Brunswick.

Les fanatiques de voitures ont souvent fait l’argument qu’une plaque à l’avant d’un véhicule pose un problème esthétique. Ils affirment que plusieurs modèles de véhicules s’y prêtent mal.

La majorité des provinces et des territoires (9 sur 13) penchent du côté des opposants.

Outre le Nouveau-Brunswick, seuls l’Ontario, la Colombie-Britannique et le Manitoba exigent la plaque à l’avant des voitures.

Aux États-Unis, la proportion est renversée: 31 des 50 états exigent la plaque d’immatriculation à l’avant des véhicules.

L’Acadie Nouvelle a demandé au ministère de la Sécurité publique la justification officielle pour la plaque d’immatriculation à l’avant des véhicules. La porte-parole Alexandra Davis a cependant refusé de nous accorder des réponses «dans l’intérêt de l’impartialité».

En plus d’éliminer les plaques d’immatriculation à l’avant des véhicules, M. Higgs a promis qu’il reporterait aux deux ans le renouvellement de l’immatriculation.